Depuis la fusion, cette année, de deux coopératives incontournables sur les Herbes de Provence, la filière veut améliorer son offre de produits alimentaires industriels auprès des industriels français.
Début 2015, les deux coopératives qui assurent l'essentiel de la collecte, du nettoyage, de la coupe et du conditionnement des herbes aromatiques de la Provence ont fusionné. Copamivar à Trets dans les Bouches-du-Rhône et Geppam dans la Drôme ainsi que leur structure commune de commercialisation, se fondent aujourd'hui en une seule unité, Les Aromates de Provence, qui affiche de nouvelles ambitions. D'ici la fin de l'année, la nouvelle entité qui regroupe une trentaine de producteurs de Paca (moins les Alpes-Maritimes) et de la Drôme proposera aux IAA des mélanges, coupes et conditionnement sur mesure des quatre plantes qui constituent le mélange « Herbes de Provence », le thym, le romarin, la sarriette et l'origan.
PAI SUR MESURE
« Aujourd'hui, nous conditionnons essentiellement des sacs de 25 kg en feuilles mondées (battues, séchées nettoyées) mélangées ou non et des branches fraîches, sèches ou en bouquets garnis livrées en cagettes, explique Virginie Seytier, assistante commerciale et qualité de la coopérative. D'ici la fin de l'année, nous disposerons des supports de communication papier et web pour présenter notre nouvelle gamme dans le cadre d'une démarche marketing soutenue par la Friaa (Aria Paca). Si notre offre traditionnelle satisfait nos clients habituels comme Mc Cormick, Provence Tradition, Aromates les Méridiennes, Sibell ou Jean Martin, une multitude d'entreprises de toutes tailles, notamment dans les plats cuisinés, réclame des produits sur mesure dans des conditionnements plus réduits et diversifiés. Nous mettons en avant l'origine provençale de nos produits et leur teneur garantie en huiles essentielles. Nous répondrons aux demandes spécifiques de calibrage grâce à nos outils de coupe ».
Aujourd'hui, le thym consommé en France provient essentiellement de Pologne, la sarriette et l'origan de Turquie. Le marché national des quatre plantes est estimé par France Agrimer autour 1 500 tonnes dont 500 tonnes livrées en mélange qualifié d'herbes de Provence.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
IGP THYM DE PROVENCE
Le terme « d'herbes de Provence » étant générique, la coopérative, avec le soutien du Comité des plantes à parfum aromatiques et médicinales (CPPARM) et l'AIHP veut se différencier avec l'IGP « Thym de Provence » qui devrait voir le jour en 2016. L'INAO a déjà validé le cahier des charges cette année et attend le retour de Bruxelles. Un travail d'ethnobotanique a permis d'identifier la variété de thym propre à la Provence et la liste des communes où elle pousse naturellement.
Cette dynamique commence à attirer de nouveaux agriculteurs, jusque-là peu enclins à investir dans des lieux de traitement et des outils de collecte nécessaires à la profession, compte tenu du faible retour sur investissement. La coopérative qui emploie six personnes, présidée par Luc Justamon, cherche surtout à valoriser sa production et permettre aux industriels de singulariser leurs gammes régionales. Sa production de 150 tonnes par an, surgelée pour une petite partie sur le site de Drôme, reste une goutte d'eau dans la consommation nationale.
Depuis 2003, la seule traçabilité sur les herbes de Provence s'appuie sur un label rouge. La certification porte sur le mélange des quatre plantes issues de toute la production française et une charge minimale de 2 % d'huiles essentielles au terme de la DLUO de deux ans et une tenue de sa couleur verte. Un ODG (organisme de défense et de gestion), l'Association interprofessionnelle pour les herbes de Provence (AIHP) s'occupe exclusivement de ce label qui garantit un mélange de 19 % de thym et 27 % des trois autres plantes.