Les conclusions des citoyens de l’UE réunis dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe sont en phase de finalisation. L’agriculture tient une place très importante dans le volet « changement climatique, environnement et santé » avec des recommandations qui vont, globalement, dans le sens des propositions de la stratégie De la ferme à la table.
Deux des panels citoyens de l’assemblée plénière de la Conférence sur l’avenir de l’Europe ont présenté les 21 et 22 janvier leurs recommandations pour la « démocratie européenne, les valeurs, l’État de droit et la sécurité » et sur le « changement climatique, l’environnement et la santé ». Les 51 propositions de ce second panel qui portent dans une large mesure sur l’agriculture et l’alimentation rejoignent les grandes lignes des propositions de la Commission européenne pour la stratégie De la ferme à la table.
Les citoyens participants recommandent notamment « une réduction drastique des pesticides et des engrais chimiques dans tous les types d’exploitations agricoles, en imposant l’application de normes communes plus strictes, en accélérant la recherche sur les alternatives naturelles et en soutenant l’adoption de ces nouvelles solutions, notamment par la formation des agriculteurs ».
Pour y parvenir ils plaident notamment pour une réorientation des subventions vers des projets liés au développement d’une agriculture durable, incluant le respect de normes environnementales claires et faisant l’objet d’un contrôle strict. Ils souhaitent également accorder des subventions à l’agriculture biologique, notamment des incitations pour les pesticides biologiques, afin de rendre ces produits plus abordables. « L’UE doit soutenir la formation des agriculteurs à l’agriculture biologique et durable, et éviter la monoculture. Les petites exploitations biologiques, les exploitations non intensives et celles dont la chaîne d’approvisionnement est courte doivent être soutenues pour devenir plus compétitives », écrivent les citoyens ayant participé aux discussions.
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Normes sur les importations
Les conclusions soulignent également que l’élevage intensif doit progressivement être abandonné, avec l’introduction des normes communes (par exemple, un nombre maximum d’animaux, un espace extérieur approprié…) en fournissant des incitations financières et des formations aux exploitations pour soutenir ce changement. Toujours pour l’élevage, il est recommandé de renforcer les contrôles sur l’interdiction de l’utilisation inutile d’antibiotiques et d’autres médicaments pour animaux.
Mais l’UE doit aussi, préviennent-ils, garantir « une concurrence loyale pour les produits agricoles respectueux de l’environnement en établissant des normes plus strictes pour les produits de l’UE et les produits importés, en assurant leur traçabilité et leur étiquetage ». Et en matière d’alimentation, le panel citoyen demande que l’UE fixe des normes minimales pour la qualité des aliments, ainsi que pour leur traçabilité et l’utilisation d’aliments de saison dans les cantines scolaires.
Deux autres panels de citoyens européens doivent encore formuler d’ici fin février leurs recommandations sur les questions de migration et d’économie (emploi, numérique…). Les conclusions finales seront présentées dans un rapport auquel les institutions européennes se sont engagées à répondre.