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Volailles Les aviculteurs à la recherche d’une nouvelle compétitivité pour la filière

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Comment regagner le terrain perdu face aux nouveaux concurrents ? C’est autour de cette question que s’est déroulée l’assemblée générale de la CFA (Confédération française de l’aviculture) notamment à l’occasion d’un débat nourri le 28 juin. Naguère championne de la production avicole européenne, la France a perdu des parts de marché. Michel Prugue, son président, entend « redéfinir un nouveau projet stratégique pour la filière volaille ».

Aujourd’hui, 40% de la consommation de poulets sont importés, selon les chiffres de l’Institut technique de l’aviculture (ITAVI). Un chiffre, parmi d’autres, qui montre l’état très préoccupant de la production de volailles en France bien que que la production avicole soit devenue plus professionnelle, plus concentrée entre des aviculteurs à titre principal qui investissent des sommes importantes. Michel Prugue, président de la CFA (Confédération française de l’aviculture), avait choisi de faire réfléchir l’assemblée générale de la confédération sur un projet stratégique pour la filière et sur les conditions de concurrence du secteur comparé à la production avicole des concurrents principaux. Si les accords de Marrakech (1994) ont changé la donne au niveau mondial, provoquant un surcroît d’importations, c’est au sein de l’Europe que se situe aujourd’hui la concurrence la plus redoutable. Naguère fournisseur de l’Europe en volailles, la France tend à devenir de plus en plus la zone ciblée par les exportateurs. En 1991, la France produisait environ 1,8 million de tonnes de volailles ; aujourd’hui, elle en produit quasiment la même quantité, avec un pic à 2,4 millions de tonnes en 1999 mais une baisse ensuite. Entretemps, la production allemande est passée de 600 000 tonnes en 1991 à près de 1,6 million de tonnes en 2009.

Absence d’investissements en élevage

Quelles sont les raisons de cette perte de vitesse relative des Français ? Le rapport d’orientation de la CFA regrette l’absence d’investissements significatifs en élevage depuis dix ans tandis que le président, Michel Prugue, souligne l’impact désastreux des accords de Marrakech (1994) et s’étonne de la répartition des marges aujourd’hui dans la filière. La grande distribution, qui a toujours fait de la volaille un produit d’appel, a en même temps conservé des marges importantes.« Pourquoi le taux de marge brute devrait être le double à la distribution qu’à la production », interroge-t-il, évoquant le rapport Chalmin « qui nous conforte dans notre recherche de redistribution des marges ». D’où une demande récurrente de renégociation des prix, notamment dans le cadre de l’accord général sur les relations entre grandes surfaces de distribution et leurs fournisseurs, objet de l’accord du 3 mai. Un principe de réunion qu’acceptait le lendemain la FCD (Fédération du commerce et de la distribution). « L’accord du 3 mai est un premier pas », répondait Michel Prugue à ceux qui regrettaient que, ce jour-là, la distribution, notamment Michel-Edouard Leclerc, se soit moqué des paysans.

Harmonisation des coûts

Autre objectif, une harmonisation des coûts de production en Europe. En s’adressant aux congressistes, le président de la FNSEA estimait qu’un des grands objectifs pour 2012 est d’obtenir une harmonisation des conditions de concurrence en Europe, tant en ce qui concerne les normes (environnementales, sanitaires) qu’en ce qui concerne les charges liées à la main-d’œuvre.
D’une manière générale, Michel Prugue posait la question de la mondialisation : « Peut-on concilier une ouverture des marchés et une hausse des marges ? » Exemple de mondialisation : l’accord UE-Mercosur en vue où l’aviculture risque d’être le premier secteur sacrifié. C’est bien en raison de tous ces aléas qu’il faut, selon le président de la CFA, redéfinir un projet stratégique pour la filière avicole.

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