La qualité du millésime 2005, vantée par de nombreux experts, ne suffira pas à enrayer la crise dans le Beaujolais, où les primeurs à déguster à partir du 17 novembre ont atteint les cours « les plus bas de leur histoire » selon des syndicats. L’Asie représente le principal client de ce vin primeur.
Le cours moyen des marchés enregistrés par l’interprofession s’est établi à 146 euros/hl, contre 160 à 170 euros/hl en 2004, pour un prix de revient situé autour de 150 euros/hl. « C’est la première fois qu’on atteint des cours aussi bas, inférieurs au coût de revient », a déploré Robert Verger, président de la Fédération départementale du syndicat des exploitants agricoles (FDSEA), et viticulteur à Charentay (Rhône).
« De nombreuses exploitations viticoles risquent de disparaître », a-t-il souligné, réclamant une législation interdisant la vente à perte y compris à la production, et pas seulement dans la distribution. « Ni la baisse des prix ni la qualité du millésime n’ont permis de vendre un hectolitre de plus », regrette le viticulteur.
« On a stoppé l’hémorragie, les volumes commercialisés semblent se maintenir cette année par rapport à l’an dernier sur l’ensemble des productions du Beaujolais, mais tant que l’offre est supérieure à la demande, le marché sera impitoyable », souligne le président d’Inter-Beaujolais, Michel Bosse-Platière.
En 2004-2005, sur les 600 000 hl de beaujolais primeur produits, seuls 440 000 ont été commercialisés selon Inter-Beaujolais.
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Cette année, pour la première fois, des animations seront organisées dans des lieux « branchés » de Pékin et Shanghai, ainsi que dans les magasins Carrefour implantés en Chine.
« La Chine est un important marché en devenir, ainsi que l’Inde, dont la classe moyenne se développe et apprécie les produits français », souligne Michel Bosse-Platière.
L’accueil réservé au beaujolais nouveau s’annonce en revanche tiède en Europe, notamment en Allemagne, ainsi qu’aux Etats-Unis, où l’événement semble s’essoufler.