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Recherche Les biocarburants de deuxième génération sollicitent des scientifiques

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L’aventure des biocarburants ne fait que commencer, parfois dans la douleur. Les biocarburants du temps présent sont produits à partir de matières premières « nobles » (betteraves, grains), donc chères. Selon certains experts, les biocarburants qui s’annoncent pour demain pourraient être fabriqués à partir de matières premières courantes, comme les pailles, résidus de bois. Mais pour toutes ces matières, la recherche, présente encore des potentiels considérables pour des techniques encore peu développées, comme la gazéification, et plus tard les biotechnologies.

Pendant que les usines d’éthanol et de biodiesel se construisent dans le monde, la recherche s’active, aux États-Unis, en Allemagne, Suède, Inde, mais aussi bientôt en France. Actuellement, déjà, les projets portent sur des usines plus rationnelles, des usines multi-produits (betteraves-blé) et multi-fonctions (production de sucre, de farine, d’amidon, d’alcool), pour optimiser les coûts, notamment en travaillant toute l’année.

Ce qui se profile pour demain, ce sont des usines ressemblant plutôt à des bio-raffineries, beaucoup plus complexes que les raffineries pétrolières actuelles.

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Deux fondations de recherche sur les biocarburants

Deux fondations de recherche sur les biocarburants devraient voir le jour prochainement. La première intitulée « fondation biocarburants » a pour objectif la valorisation de la biomasse vers des utilisations énergétiques, tant au niveau des biocarburants que de la production d’énergie. Elle est pilotée par la fondation Tuck, émanation de l’Institut français du pétrole (IFP). « D’ici 5 à 10 ans, l’éthanol pourrait être produit à partir de la biomasse telle que les pailles de céréales, les tiges de maïs, les résidus de bois voire les déchets organiques comme les boues de station d’épuration...» explique Daniel Ballerini, chef du département « biotechnologie et chimie de la biomasse » à l’IFP qui étudie la faisabilité d’une filière « lignocellulosique». On cherche aussi à savoir transformer des plantes entières, telles que des arbres ou le blé (paille + grain), notamment par le processus de conversion thermochimique (gazéification). Les partenaires industriels sont Renault, PSA, EDF-GDF, Total, Véolia environnement (ex Vivendi) et des sociétés d’ingéniérie. Le budget global sera de 10 millions d’euros (5 du privé et 5 de l’État).

Transformation biologique : la recherche est encore peu avancée

La deuxième fondation en cours de constitution, nommée «bioressources-industries» est pilotée par le groupement d’intérêt scientifique Agrice (Agriculture pour la chimie et l’énergie) qui est hébergé par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). L’objectif est d’effectuer des travaux de recherche sur la production de biocarburant exclusivement à partir de processus de transformation biologique de la matière, telle que la fermentation (par des levures ou des bactéries), en utilisant éventuellement des végétaux, des bactéries et des levures génétiquement modifiées. « Les processus biologiques sont moins énergivores et moins polluants que les processus chimiques », explique Maurice Dohy, directeur d’Agrice. « La recherche est très peu avancée dans ce domaine », ajoute-t-il.