La fédération des caves coopératives, a proposé, lors de son congrès le 1er juillet, un élargissement de l’assurance à la vinification, pour couvrir le risque de carence d’apport de raisin dans les chais.
Vignerons coopérateurs de France (VCF), la fédération des caves coopératives, a proposé, à son congrès à Colmar le 1er juillet, un élargissement de l’assurance à la vinification, que ce soit pour les coopératives ou pour les vignerons indépendants. Justification d’une telle mesure : lorsqu’un aléa climatique majeur survient, comme l’épisode de gel d’avril, la carence d’apport de raisin dans les cuves fait fondre la rentabilité de l’outil de vinification, les charges dans les chais étant à 80 % des charges fixes. « Nous ne sommes pas seulement producteurs de raisins, nous sommes aussi producteurs de vin », a commenté Boris Calmette, président de VCF.
Une piste de financement est le Plan national d’aides viticoles (PNA), l’enveloppe bruxelloise de 269 M€ allouée annuellement à la France pour l’investissement dans les chais, la restructuration du vignoble et la promotion du vin français dans les pays tiers. « Dès le prochain conseil viticole de FranceAgriMer, je porterai cette proposition » pour que l’enveloppe comprenne aussi un volet assurantiel pour la vinification, a indiqué Jérôme Despey, président du conseil viticole de l’établissement public. La fédération des Vignerons coopérateurs estime à 20-30 M€ la somme qui pourrait être destinée à ce quatrième volet du PNA.
Risques géopolitiques et sanitaires
Pour la partie « vigne », les soutiens à l’assurance climatique font partie des aides transversales de la Pac. Les Vignerons coopérateurs attendent, comme les autres filières, la réforme de l’assurance par le ministre de l’Agriculture cet été. Le dispositif attendu devrait augmenter les crédits destinés à la couverture des risques en agriculture, pour prendre en compte l’aggravation des aléas climatiques pour le secteur. Les surfaces de vigne assurées ont augmenté de 75 000 ha de 2012 à 2018, et les cotisations de 36 %, selon la fédération des caves coopératives.
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La filière compte discuter aussi avec les assureurs d’une réflexion pour une assurance globale. Il s’agirait d’assurer les risques géopolitiques, comme les sanctions commerciales par exemple, et les risques sanitaires sur les cultures, les molécules phytosanitaires disparaissant les unes après les autres, a évoqué Boris Calmette. Les intervenants au congrès ont indiqué que tous les moyens de sécurisation du revenu doivent être mis en œuvre, et qu’il en existe aussi d’autres que l’assurance, comme l’épargne de précaution, la réserve individuelle ou collective, etc.
Boris Calmette a annoncé la fin prévue de son mandat de président de VCF. « Je passerai le flambeau en octobre prochain », a-t-il déclaré.