Constatant que l’enthousiasme coopératif s’émousse, plus par routine que par désaffection, la Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne (FCVC), a réuni ses représentants le 28 septembre pour mettre en lumière la capacité du modèle coopératif à répondre aux enjeux d’aujourd’hui. Or, justement, l’aspiration à des valeurs collectives et de partage se développe dans la société, par opposition à l’individualisme montant, estime la FCVC qui compte s’appuyer sur cette tendance.
« Beaucoup sont dans une coopérative parce que leurs parents y étaient, ils ont oublié pourquoi les coopératives ont été constituées. C’est trop devenu une habitude. » Tel est le constat résumé par Xavier Muller, vice-président de la FCVC : en viticulture, et en particulier en Champagne, nombreux sont les vignerons particuliers et les adhérents des coopératives qui préfèrent vendre leur raisin au plus offrant, négoce en général ou grands industriels qui veulent investir dans le vin. En se laissent tenter par le montant du chèque, ils abandonnent la vinification. En général, ils ne mettent pas dans la balance les avantages de la coopération, mais souvent quand ils s’en rendent compte le mal est fait.
« Six raisons d’être coopérateur aujourd’hui et demain »
La FCVC a organisé un événement le 28 septembre à Reims autour des représentants de ses 132 coopératives adhérentes pour dévoiler le résultat du travail mené depuis un an sur sa communication, son image et son discours. Elle a mis en lumière la richesse du modèle coopératif à travers « six raisons d’être coopérateur aujourd’hui et demain ».
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« Je gère ma carrière comme je le souhaite » : viticulteur, vinificateur, commerçant, exportateur… chaque vigneron coopérateur exerce son métier selon ses choix. « Je m’ouvre des opportunités » : les coopératives mettent à disposition de leurs adhérents des outils de qualité pour un coût avantageux. « Je participe à une aventure solidaire, collective et durable » : les adhérents vivent dans leur coopérative des valeurs fortes d’échange et de partage d’expérience. « Je bénéficie du soutien de professionnels aguerris » : les coopératives mettent à disposition de leurs adhérents une équipe de salariés experts (ingénieurs agronomes, œnologues, chefs de cave…) qui leur permet d’enrichir leur savoir-faire. « Je décide de mon avenir et celui de mon exploitation » : les coopératives apportent leur solidité et leur expertise à leurs adhérents. « Je suis coopérateur et vigneron » : la coopérative respecte les individualités et permet à chacun de rester acteur de son développement. Un exemple : le viticulteur peut obtenir de la coopérative qu’elle vinifie le raisin de sa parcelle pour qu’il produise un vin spécifique.
En défaveur des coopératives, la société civile valorise beaucoup la réussite individuelle, mais en réaction les valeurs de partage ont le vent en poupe, avec le co-voiturage, les co-locations, le co-working (partage de bureau), constate la FCVC. Les coopératives entendent se saisir de ces aspirations, a conclu Xavier Muller.
« Beaucoup sont dans une coopérative parce que leurs parents y étaient. C’est trop devenu une habitude »