Comme chaque année, les services d’assurance-crédit de Groupama font le point sur les défaillances des IAA. Si les faillites, mises en redressement et cessations d’activité n’ont guère augmenté de 2004 à 2005, suivant un taux de 1,76 % contre 1,8 % un an plus tôt, le rythme semble s’accélérer cette année, avec une hausse de 20 % des disparitions d’entreprises au second trimestre 2006 par rapport à la même période de 2005. Les filières lait et viande sont toujours en pleine restructuration, et celles du vin, de la nutrition animale et de la malterie en proie à de nouvelles difficultés. Les perspectives sont en revanche plus favorables pour les fruits et légumes et produits de la mer.
Paradoxe : alors que l’économie française semble redémarrer et que la nouvelle loi de sauvegarde des entreprises vient d’entrer en vigueur (voir encadré), de plus en plus d’IAA mettent la clé sous la porte. Selon les statistiques annuelles établies par les services d’assurance-crédit de Groupama, les faillites, mises en redressement et cessations d’activité n’ont cessé d’augmenter depuis l’automne dernier, atteignant au deuxième trimestre 2006 une hausse de 20 % par rapport au deuxième trimestre 2005. Les filières lait, viande et viticole seraient les plus concernées par ce phénomène qui touche particulièrement les grandes entreprises. Une tendance suivie par le commerce alimentaire de gros, où les disparitions de sociétés ont connu sur la même période une hausse de 25 %.
Les filières viandes, lait et vins toujours en difficulté
Un phénomène nouveau, puisque globalement, avec un taux de défaillances de 1,76%, l’année 2005 ne s’est guère démarquée de 2004, qui affichait un taux de 1,8%. L’an passé, plus de 1100 entreprises ont baissé le rideau. Et les principaux secteurs d’IAA à la peine ne changent guère. De grands mouvements sont ainsi toujours en cours au sein de la filière viande : l’exercice 2005 a été très difficile pour les industriels du porc, avec des défaillances qui se sont accélérées tant chez les abatteurs-découpeurs que dans la charcuterie-salaison. Alors que la situation se dégrade encore au premier trimestre 2006, une réorganisation majeure des abattoirs français semble se dessiner, selon les analystes de Groupama. Les volaillers ne sont pas non plus à la fête : dans un contexte difficile de sortie de crise de la grippe aviaire, ils ont fait preuve d’une certaine capacité de résistance, mais des questions de fond restent posées et la disparition de certains opérateurs semblerait inéluctable.
Du côté des transformateurs de lait, l’année 2005 – tout comme le début de 2006 – a été rythmée par de nombreuses annonces de fusions-acquisitions ou autres réorganisations industrielles, note l’étude de Groupama. A l’exception de l’ultra-frais, le secteur laitier fait face à une conjoncture morose du fait d’une consommation insuffisante. De nombreux mouvements auront également marqué le secteur des boissons, où le taux de défaillances d’entreprises est en constante hausse depuis 3 ans et toucherait tous les segments de marchés, de la brasserie aux eaux de table. La situation est particulièrement difficile pour les viticulteurs et négociants, l’accumulation des stocks entraînant notamment une baisse continue des prix.
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Horizon bouché pour le travail du grain
Autre filière en situation délicate, la meunerie demeure en surcapacité de production et doit faire face à une baisse continuelle de ses marges. Les débouchés export reculent alors que le marché français est statique : 2005 marque une nouvelle baisse du chiffre d’affaires. L’horizon reste tout aussi bouché dans la malterie. Souffrant d’un environnement très défavorable, avec une baisse de la consommation en Europe de l’Ouest et une concurrence internationale accrue, le secteur doit faire face à des surcapacités et une baisse des marges qui risque pour certains d’être de plus en plus difficile à supporter. Les perspectives ne sont pas plus réjouissantes pour les professionnels de la nutrition animale, qui doivent s’attendre à un nouvel exercice délicat en 2006 du fait des baisses de mises en place. Groupama s’attend notamment à de réelles difficultés sur le segment volailles.
Des secteurs produits de la mer et fruits et légumes bien orientés
Mais tout ne va pas si mal dans l’agroalimentaire. Le secteur des produits de la mer fait pour sa part face à une conjoncture plus contrastée. Après avoir connu, du fait de la raréfaction de certaines espèces et des quotas imposés par Bruxelles, une réduction de leur activité de 10% entre 2004 et 2005, les criées et mareyeurs ont renoué avec la croissance (+2%) au premier semestre 2006, et bénéficient de prix en augmentation de près de 5%. Une inflation qui n’affecte pas une consommation en progression de 0,6%. Même embellie pour la filière fruits et légumes : la réduction de l’offre des produits d’importation et le maintien de cours soutenus favorisent une bonne orientation du marché, explique Groupama. De quoi redonner un peu d’optimisme aux producteurs après de mauvaises campagnes 2005 et 2006. Enfin, après la mise en place du nouveau Régime sucre européen, les perspectives de la filière sucre seraient très favorables, notamment en raison de la volonté politique affirmée de développer les biocarburants.