L’intégration de l’OCM vitivinicole dans l’OCM unique n’est pas sans inquiéter les représentants des appellations d’origine de France, d’Espagne et d’Italie. Le maintien d’outils spécifiques de maîtrise de la production reste indispensable, selon eux, pour la qualité et l’image de la viticulture européenne.
La Cnaoc (France), la Federdoc (Italie) et la Conferencia (Espagne) , les trois plus grandes organisations de producteurs de vins d’appellation d’origine de l’UE, ont beau se féliciter de l’adoption par le Conseil du texte du règlement sur l’OCM vitivinicole, les producteurs de vins d’appellation sont préoccupés par les discussions sur la mise en place de la nouvelle OCM et s’inquiètent de la volonté de la Commission européenne d’intégrer progressivement le secteur vin dans le cadre de l’OCM unique.
Les décisions qui seront prises dans les prochains mois sur les règlements d’application de l’OCM et sur l’utilisation des enveloppes nationales auront un impact décisif sur la capacité du secteur à se dynamiser. La Commission européenne doit présenter fin 2008 ou début 2009 un projet de règlement visant à l’intégration de l’OCM vin dans l’OCM unique. Cette approche a priori contradictoire soulève de nombreuses questions sur l’avenir du secteur.
« Nous notons avec inquiétude la volonté de la Commission européenne d’intégrer le secteur vin dans l’OCM unique. La spécificité du secteur des vins a été, jusqu’à aujourd’hui, un élément de force qui a contribué à la qualité et à l’image de la viticulture européenne », déclare Riccardo Ricci Curbastro, président de la Federdoc.
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« Il serait regrettable de renoncer à une réglementation adaptée au secteur pour se rapprocher d’une politique horizontale qui ne tiendrait pas compte de nos exigences », ajoute Fernando Pietro Ruiz, président de la Conferencia.
Le maintien d’outils spécifiques pour les filières des vins d’appellation d’origine, notamment un instrument de maîtrise de la production, reste l’un des enjeux essentiels pour le secteur.
« Les produits de terroir ne répondent pas aux mêmes objectifs que les autres segments du marché. Pour perdurer et se développer, les filières d’appellation d’origine ont besoin d’avoir les moyens de gérer leur production. L’Union européenne ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion en profondeur sur ce sujet si elle veut pérenniser une politique des produits de terroir et de qualité », conclut Christian Paly, président de la Cnaoc.