Abonné

Sucre Les défenseurs des raffineries de canne montent au créneau

- - 3 min

Les règles dans le secteur du sucre ne permettent pas aux raffineries à plein temps de l’UE d’être viables et mettent donc en péril des milliers d’emplois hautement qualifiés : telle est la mise en garde lancée par 62 députés européens de 11 pays dans une lettre adressée à Dacian Ciolos. Les signataires demandent que les raffineurs de canne et de betteraves soient mis sur un pied d’égalité. À l’origine de cette démarche, la députée britannique Marina Yannakoudakis (groupe des conservateurs et réformistes européens), avait déjà écrit au commissaire à l’agriculture qui avait réfuté son affirmation selon laquelle la politique de Bruxelles est « biaisée en faveur du secteur de la betterave à sucre ».

Ce sont des députés européens, notamment britanniques, mais aussi bulgares, chypriotes, tchèques, finlandais, irlandais, néerlandais, polonais, roumains, portugais – dont Luis Manuel Capoulas Santos, l’un des rapporteurs de la commission de l’agriculture pour la réforme de la Pac –, et italien – en la personne de Paolo De Castro, président de cette commission parlementaire –, qui ont écrit à Dacian Ciolos pour prendre la défense des raffineries de canne de l’UE. Parmi ces dernières, l’installation de Tate & Lyle à Londres, vendue en 2010 à American Sugar Refining (1). « Nous ne demandons pas un traitement spécial pour les raffineurs de canne, juste un traitement égal », explique l’élue de Londres Marina Yannakoudakis, initiatrice de cette démarche, qui dénonce le fait que la Commission de Bruxelles « s’en tienne à ses règles d’importation rigides » et assure que « des études indépendantes ont montré que la réforme du secteur du sucre en 2006 a favorisé la betterave par rapport à la canne ».
« Non seulement cela va frapper les raffineurs européens, mais les producteurs de canne à sucre dans le monde en développement seront eux aussi évincés », affirme la parlementaire britannique.

Une concurrence équitable selon Bruxelles

« Je ne suis pas d’accord avec cette approche », a répondu le commissaire européen à l’agriculture, après avoir reçu, début avril, de Mme Yannakoudakis, une lettre datée du 4 avril et exposant les mêmes griefs que ceux repris ensuite par les députés européens issus de plusieurs États membres. « Les raffineurs sont de fait en concurrence les uns contre les autres dans les appels d’offres (à l’importation) », explique Dacian Ciolos. « Toutefois, contrairement à la betterave sous quota, si, en tant que raffineur, vous emportez l’offre, vous pouvez recevoir la quantité que vous avez demandée. Un raffineur peut donc obtenir de l’adjudication (à l’importation) une quantité beaucoup plus importante que celle qui serait allouée » dans le cadre de l’autorisation communautaire de commercialisation de sucre communautaire hors quota.
« Je ne peux donc pas partager votre point de vue selon lequel l’adjudication pour l’importation à droit réduit de sucre de canne met les raffineurs de canne dans une position concurrentielle défavorable », souligne le commissaire européen.
« La Commission considère que le fait de privilégier le sucre brut sur le sucre blanc n’est pas souhaitable, que ce soit en termes de priorités pour le développement des pays les plus pauvres ou d’intérêts pour le consommateur de l’UE », conclut Dacian Ciolos.

(1) Voir n° 3259 du 05/07/10

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.