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Prix du lait Les industriels se calent sur l’Allemagne pour fixer la hausse des prix

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C’est en référence à l’évolution des prix allemands que trois industriels leaders du secteur, Bel, Bongrain et Lactalis ont décidé de fixer l’évolution des prix du lait pour juillet et août. Danone proposerait légèrement mieux tandis que Senoble serait, de bonne source, sur la même ligne. Les producteurs ont commencé dès la semaine du 26 juillet à réagir à l’encontre des industriels.

Trois industriels leaders du secteur laitier, Bongrain, Lactalis et Bel, ont décidé de fixer de manière quasi-identique la hausse des prix du lait aux éleveurs pour juillet et août. Une hausse équivalente à 13,80 euros par 1 000 litres de lait et très largement fixée en fonction des prix pratiqués en Allemagne. Bongrain et Lactalis ont, de plusieurs sources concordantes, envoyé un courrier aux éleveurs tandis que Bel ne s’est exprimé que verbalement. Danone, proposerait légèrement mieux tandis que Senoble serait sur la même ligne.
Lactalis présente une hausse de 26 euros mais elle se décompose en une progression de 13,80 euros à laquelle s’ajoutent 6,20 euros remboursables au 4e trimestre et 6 euros de réduction de flexibilité par rapport à l’an dernier à la même époque. Les coopératives, semble-t-il, n’ont pas encore annoncé de hausses précises à leurs producteurs. La Fédération des producteurs de lait (FNPL), qui réclame 31,10 euros de hausse pour 1 000 litres, ne refusant pas de tenir compte de la réalité allemande mais pas de la même manière, laisse pour l’instant l’action syndicale à l’initiative des fédérations départementales mais pourrait appeler à une mobilisation plus large pour les semaines à venir.

Protestations et mobilisation générale

Les producteurs de lait du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime et de la région Rhône-Alpes devaient, à leur tour, effectuer des démarches syndicales et de demandes d’explication ce jeudi 29 juillet auprès des laiteries. En Pas-de-Calais, selon un communiqué, « malgré maintes réunions et des propositions ouvertes de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), la Fnil (industriels privés) reste sur un prix français égal au prix allemand mais avec un volume limité chez nous et pas outre-Rhin. » Les producteurs remarquent que « la FNCL (coopératives) semblait plus proche de la FNPL : elle propose depuis le début 2009 de différencier les volumes et les prix du lait en fonction de leurs débouchés et de mettre en œuvre un cadre interprofessionnel pour la régulation des volumes. La Fnil y est opposée et certaines coopératives semblent suivre la tendance à la baisse du prix ».

Campagnes d’explication

Globalement, les actions syndicales devaient d’abord envisager une explication auprès du grand public sur l’attitude des industriels. De plus, des délégations de producteurs devaient rencontrer les responsables de laiterie pour demander des précisions sur leurs intentions pour les mois à venir. En Loire-Atlantique cependant, les JA, syndicats FDPL et FDSEA annonçaient qu’ils allaient porter plainte contre les industriels et les coopératives pour non-respect de l’accord interprofessionnel du 3 juin 2009. Une plainte juridiquement non recevable mais symboliquement forte, s’adressant notamment aux coopératives. Celles-ci, via une communication de la FNCL, ont expliqué que « le conseil d’administration d’une coopérative peut décider de compléter ultérieurement le prix d’acompte en prenant en compte d’autres facteurs : évolution de la conjoncture, amélioration des conditions de marché de la coopérative, accord du type de celui signé le 3 juin 2009 »… Au 29 juillet, les grandes coopératives n’avaient pas encore annoncé les prix proposés pour juillet et août.

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