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R&D/INGRÉDIENTS Les ingrédients à forte valeur ajoutée dans le viseur de Tereos

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Un sirop de glucose qui réduit la charge calorique d'une barre céréalière, une protéine de blé qui remplace la viande dans un plat : ces exemples illustrent les produits développés par Tereos. Le groupe coopératif a présenté ses dernières innovations en matière d'ingrédients à forte valeur ajoutée lors d'une journée destinée à la presse le 21 mai sur son site de R&D (recherche-développement) de Marckolsheim, près de Strasbourg (67).

Tereos, groupe coopératif qui se présente comme le cinquième sucrier et troisième amidonnier à l'échelon mondial, s'oriente de plus en plus dans les secteurs à valeur ajoutée, comme la pharmacie, la nutrition humaine fonctionnelle ou encore la nutrition animale spécifique.

Parmi les marchés les plus prometteurs, ceux liés aux protéines de blé. Parce qu'ils sont à forte valeur ajoutée, mais aussi très conséquents en termes de volumes. « Nous avons créé un substitut de viande », a témoigné Anne Wagner, directrice de la R&D chez Tereos. La délégation de journalistes a pu goûter un plat de ce substitut de viande, cuisiné à la thaïlandaise. « Nous voulons que ce substitut de viande ait du goût et de la texture, sinon la consommation ne démarrera pas. C'est pourquoi nous travaillons aussi avec des cuisiniers », a expliqué Michel Flambeau, directeur des applications.

PRIX DE L'AMBITION « PROTÉINES VÉGÉTALES »

Cette percée technologique a été récompensée par un prix. Le mardi 28 avril, le président de la République a, dans le cadre du Concours mondial de l'innovation, remis à Anne Wagner le prix de l'Ambition « protéines végétales ». L'objectif de ce concours était de faire émerger les « futurs champions de l'économie française » à travers sept ambitions stratégiques définies par la commission « Innovation 2030 », présidée par Anne Lauvergeon.

Tereos compte désormais passer au pilote de production. « Nous projetons la fabrication de hamburgers, de saucisses et de filets de viande », a ajouté Anne Wagner.

Quant au choix du blé, il s'explique par l'objectif de valoriser les cultures locales. En outre, « le soja est certes une plante riche en protéine, mais celle du blé est plus pure », a expliqué Anne Wagner.

LA PROTÉINE DE BLÉ POUR L'ALIMENT PISCICOLE

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Un autre marché de masse se profile. Le groupe met au point des aliments pour poissons contenant deux fois plus de protéines que jusqu'ici. Ces protéines sont extraites du blé. Tereos travaille avec des fabricants d'aliments pour développer ce marché, prometteur parce que l'aquaculture est en plaine explosion au niveau mondial.

DE NOMBREUX MARCHÉS DE NICHE

Dans les autres domaines de recherches explorés à Marckolsheim, les débouchés relèvent davantage du marché de niche, mais toujours dans le cadre de produits à forte valeur ajoutée. L'activité pharmaceutique de Tereos découle de son expertise dans les propriétés des produits, tels les comprimés, à se maintenir ou au contraire à se déliter dans un milieu liquide, a exposé Anne Wagner. À telle composition des sucres et autres sirops de glucose, correspond telle vitesse de libération des molécules actives dans l'organisme. Son activité pharmaceutique découle aussi de son objectif de trouver une utilisation à tout produit, même s'il est temporairement un résidu. Anne Wagner a cité le cas de la bétaïne, molécule issue des moûts de fermentation des sucres résiduaires dans les sucreries, ces sucres non extractibles.

DES ALIMENTS SUR MESURE

Dans la nutrition, les applications sont très variées. Les segments de marché vont de l'alimentation pour les très jeunes enfants (de 0 à 2 ans), avec des besoins nutritionnels importants pour cette phase de forte croissance, à l'alimentation pour les personnes âgées, qui nécessite des apports de protéines conséquents pour éviter la fonte musculaire et des arômes et textures d'aliments appétents car les personnes âgées perdent l'appétit.

Le centre de R&D de Marckolsheim travaille sur la texture des confiseries et des pâtis-series. « Les bonbons ne pourraient exister sous leurs formes courantes sans les sirops de glucose », indique une affiche pédagogique dans un laboratoire. Un laboratoire voisin met au point des cakes où la matière grasse est remplacée par un type de fibre issu de la transformation de l'amidon, a montré Michel Flambeau.

Par ailleurs, Tereos s'intéresse aussi aux pneux fabriqués à partir de ressources renouvelables (alcool), à travers une collaboration avec Michelin. Le champ des recherches portées par le groupe sucrier est donc très large !