Dans leur rapport d’orientation, les JA s’en prennent aux responsables professionnels qui arborent « plusieurs casquettes simultanément ». La « gouvernance agricole » est l’un des thèmes forts du congrès le 5 juin, marqué par l’élection de Pierrick Horel à la présidence.
Une dizaine de propositions pour « moderniser la gouvernance agricole ». En congrès, les Jeunes agriculteurs ont jeté un pavé dans la mare. Le rapport d’orientation propose d’instaurer une règle de non-cumul des mandats présidentiels dans les OPA (organisations professionnelles agricoles). « Il n’est plus concevable qu’un responsable professionnel puisse arborer plusieurs casquettes simultanément, selon le document. Le cumul des postes exécutifs brouille le message syndical, ne permet pas à l’individu d’assumer pleinement ses missions et entretient un flou qui peut rapidement laisser la place à la suspicion » sur les compensations perçues et de « potentiels conflits d’intérêts ». Son interdiction doit s’appliquer « au sein d’un même réseau, entre les organisations, et avec toute structure ayant des intérêts communs », précise le document, proposant qu’en soient exemptées les petites structures (en nombre d’adhérents, chiffre d’affaires, rayonnement géographique).
Les JA demandent aussi « une rationalisation des instances agricoles », face à leur « trop grande rigidité » due, selon le syndicat, à un « millefeuille d’instances dont l’utilité est loin d’être évidente ». « Il est urgent de procéder à une fusion, voire suppression d’instances pour gagner en efficacité. Cela peut se concrétiser par la dissolution de commissions, d’instances, comités superflus. »
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Les élections des chambres en ligne de mire
Autre temps fort, le renouvellement à la tête du syndicat. Pierrick Horel, éleveur d’aubrac bio, a été élu président. Auparavant secrétaire général, il est engagé chez les JA depuis son installation en 2010 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le nouveau chef de file a indiqué sa volonté de travailler sur un projet « JA 2026 » doté de quatre axes : « Valoriser notre action jusque dans les cours de ferme » ; « revoir nos méthodes de communication » ; « proposer une nouvelle offre syndicale » ; « faire comprendre aux jeunes le sens de l’engagement que nous incarnons ». Son mandat sera aussi marqué par les élections des chambres d’agriculture, en janvier 2025, pour lesquelles les JA feront une nouvelle fois liste commune avec la FNSEA.
Le discours de Pierrick Horel, prononcé quelques jours avant l’annonce d’une dissolution de l’Assemblée nationale, porte des revendications qui valent pour le futur gouvernement. « Sur le revenu, qui était au cœur de nos mobilisations, le compte n’y est pas », a-t-il déclaré. Et d’appeler à « faire mieux » via une nouvelle loi Egalim, en renforçant la construction du prix en marche avant, en couvrant les coûts de production, en renforçant les contrôles et sanctions à l’aval des filières.