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Elections aux chambres Les Jeunes agriculteurs plaident pour une installation ambitieuse

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Aux côtés de la FNSEA dans la campagne pour les élections aux chambres d’agriculture, les Jeunes agriculteurs se mobilisent en faveur d’une amélioration de la politique de l’installation qu’ils veulent ambitieuse et rigoureuse, comme leur a promis le président de la République rencontré le 30 octobre.

«Les jeunes fichent le camp. Ils en ont marre. C’est trop compliqué. Il est impératif de simplifier leur démarche et de leur faciliter l’installation ». Même les plus âgés s’en font l’écho : pour Jean-Claude Bizien, président de la Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA, l’installation en agriculture, « c’était mieux avant ». Et puis, « ça coûtait moins cher ». Mais ces propos d’une autre génération, qui souvent font sourire, n’ont jamais été aussi vrais. Le renouvellement en agriculture n’est pas assuré. 12 600 personnes ont pris en 2011 une exploitation agricole, tandis que 18 800 ont cessé leur activité. Pour que l’agriculture contribue au redressement productif de la France, comme l’a indiqué en septembre François Hollande, au Space, à Rennes, il faudra des installations, lui a rappelé le 30 octobre, François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs, reçu à l’Elysée par le chef de l’Etat. Il faudra aussi un cadre national : « Nous avons entendu beaucoup de choses, notamment de la part de l’Association des régions de France (ARF), en matière de régionalisation de la Politique agricole commune. Nous estimons que la politique de l’installation doit rester nationale, a défendu François Thabuis, tout en assurant la solidarité entre porteurs de projets et en conservant la possibilité d’adaptations locales ». Il faudra encore, a-t-il plaidé auprès du président de la République, « une politique et des politiques courageux » en matière de foncier pour faciliter l’accès aux plus jeunes et mettre fin au gaspillage des terres agricoles. Les Jeunes agriculteurs ont-ils été entendus ? La délégation emmenée par son président est sortie satisfaite de cette première prise de contact, avec en poche de nouvelles promesses.

Des assises, pour une installation moins bancale

François Hollande – qui a fait des jeunes l’une des priorités de son quinquennat – s’est en effet engagé pour une politique de l’installation « ambitieuse et rigoureuse », et a même rebaptisé le dispositif à l’installation « le parcours de la réussite », faisant du foncier, l’un des enjeux majeurs de cette politique. Mais, selon lui, il appartient désormais à la profession de s’emparer de ces questions. Car, pour traduire ces objectifs, le gouvernement fait une nouvelle fois appel à la méthode du dialogue. Autrement dit, des assises de l’installation débuteront en janvier et se déclineront en plusieurs réunions en régions. En bout de course : les conclusions de ces travaux seront traduites dans le loi d’avenir pour l’agriculture, programmée pour fin 2013. Les JA s’y sont préparés depuis des années. Outre le fait de défendre une augmentation du nombre de porteurs de projets aidés pour 2014, ils veulent « assurer un guichet d’accueil unique » et prévoient de plaider en faveur d’une personnalisation du financement de l’installation, forts de nouveaux dispositifs comme l’Acreja (Aide à la création et à la reprise d’entreprise Jeunes agriculteurs).

Maintenir la limite d’âge des aidés à 40 ans

Les Jeunes agriculteurs défendront par ailleurs aux assises une augmentation du budget de l’installation pour 2014, alors même qu’ils viennent de sauver celui de 2013. Après le ministre de l’Agriculture, le président de la République leur a confirmé à ce sujet le maintien des crédits installation de 2013 à hauteur de ceux de 2012, avec 6 000 porteurs de projets aidés (contre 5 000 cette année). Enfin, ils militeront pour le maintien à 40 ans de la limite d’âge pour prétendre à une aide pour s’installer. « Nous pensons qu’il faut accompagner une politique qui incite les jeunes à ne pas rentrer trop tard dans ce métier, a argumenté François Thabuis. Les engagements nécessaires sont lourds, il faut les anticiper tôt ». D’ici l’échéance du 31 janvier, ils devraient s’entretenir une nouvelle fois sur la politique d’installation, avec le président de la République, qu’ils ont convié à visiter une exploitation.

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