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Les marchés céréaliers dans une « tendance haussière »

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Les prix des céréales devraient poursuivre leur ascension, a indiqué le 22 février la société de conseil ODA, relativisant l’abondance des disponibilités dans le monde. La demande apparaît dynamique

« Notre vision reste haussière concernant les marchés céréaliers », a déclaré Renaud de Kerpoisson, le président fondateur de la société de conseil ODA, pour qui une grande partie des stocks mondiaux, localisés en Chine, ne sont « pas mobilisables ». Si les récoltes semblent élevées dans l’hémisphère sud, elles trouvent preneurs sur des marchés de proximité, explique ODA. Concernant l’Argentine, la production record est absorbée par le Brésil et l’Afrique du Sud-Est, une zone touchée par la sécheresse en 2015 puis l’invasion d’un ravageur. La moisson historique en Australie n’a guère plus d’impact sur le marché, face à une demande soutenue en Asie et en Inde.

Par ailleurs, les exportations européennes de blé ne peuvent maintenir leur rythme : « Il n’y a qu’en France et en Allemagne, où restent des disponibilités », a noté le DG Didier Nedelec. 16,4 Mt ont déjà été expédiées vers les pays tiers, face à un objectif 2016-17 de 21,8 Mt pour l’UE, d’après les chiffres d’ODA. « Il faut que les prix du blé français et allemand augmentent pour casser la courbe d’export » européenne, identique à celle de 2015-16 malgré une plus faible moisson, a estimé Didier Nedelec. Un gain de 10 dollars la tonne serait nécessaire par rapport au concurrent américain, d’après lui.

Des ventes de blé russe moins fortes que prévu

Autre élément haussier, l’Egypte affiche un retard d’environ 2 Mt à l’importation. L’origine mer Noire subit quant à elle des effets monétaires. Côté Ukraine, la dévaluation de la hryvnia pousse les agriculteurs à conserver leur récolte. En Russie, le rouble augmente et les prix céréaliers grimpent. ODA formule deux explications aux ventes de blé russe moins fortes que prévu sur la scène internationale : d’une part, la demande intérieure serait le principal moteur du marché, avec une croissance de l’alimentation animale; d’autre part, le volume de récolte serait surévalué.

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« Les niveaux de prix des céréales à paille ne permettent pas aux agriculteurs de soigner leurs cultures correctement », a considéré Didier Nedelec, parlant d’« une situation déplorable ». Résultat, « le moindre problème climatique coûtera cher en rendement ». Outre la conduite des cultures, les emblavements sont affectés par les conditions de marchés. Une baisse importante des surfaces en blé a lieu aux États-Unis, la culture n’étant plus rentable. Cette réduction de la sole va entraîner une chute significative des stocks, d’après ODA.

Un bilan oléagineux tendu

Au sujet des oléagineux, la société de conseil pronostique un bilan mondial 2017-18 encore tendu. Le marché scrute le retour en production des palmiers à huile notamment en Malaisie et en Indonésie, deux leaders mondiaux fortement touchés par la sécheresse due à El Niño. Au plus bas actuellement, l’offre devrait se reprendre dans les mois à venir. « Cette faible disponibilité d’huile de palme (40 % du marché mondial de l’huile végétale) a nécessité une réduction drastique des stocks dans les pays importateurs (Chine, Inde ou Europe) », indique ODA. Les importateurs ont pu gérer le manque d’huile de palme par l’achat massif d’huile de tournesol ou de soja. Toutefois « la situation des pays importateurs reste préoccupante », d’après ODA qui juge nécessaire une augmentation significative de la production d’huile de palme et aucun accident pour les récoltes de soja sud et nord-américaines.

Les prix actuels créent « une situation déplorable pour les agriculteurs dans le monde »