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Viande blanche Les négociations avec la grande distribution pénalisent les éleveurs

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Les professionnels de l’élevage avicole et porcin ne sont pas satisfaits des négociations qui se sont terminées avec la grande distribution fin février. Et, selon la CFA (Confédération française de l’aviculture), les conditions sont réunies pour ouvrir de nouvelles discussions.

Les professionnels de la filière avicole et de la filière porcine dressent un bilan négatif des négociations tarifaires avec la grande distribution. De fait, elles se sont terminées fin février et les professionnels de l’aviculture réagissent à la hausse, survenue depuis, du prix des matières premières. « Lors des négociations, des prix à la baisse ont été acceptés car ils espéraient que le coût des matières premières baisserait », explique Christian Marinov, directeur de la CFA (Confédération française de l’agriculture). Un souhait qui ne s’est pas réalisé. « Après une légère détente en fin d’année 2011, les marchés des céréales ont retrouvé leur niveau antérieur et rien ne nous permet d’envisager à moyen terme des baisses structurelles ». Dans ce contexte, pour les professionnels de l’aviculture, « les baisses tarifaires concédées à la grande distribution sont inacceptables » et « il est temps que les abattoirs de volailles et les distributeurs cessent ce jeu du chat et de la souris qui prend en otage les producteurs ». La filière avicole n’est pas la seule à remettre en question les récentes négociations. La filière porcine a également réagi. « Notre industrie achète aux abattoirs français 70 % de la production porcine de notre pays, lit-on dans un communiqué de presse de la Fict (Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes) du 3 avril. « Si nous disparaissons, qui les achètera ? ».

Réouverture des négociations souhaitée
« La dégradation entre les prix de vente sortie abattoirs de volailles et les coûts de production crée les conditions de l’ouverture de nouvelles négociations tarifaires », lit-on dans un communiqué de presse de la CFA du 4 avril. En outre, la Fict rappelle que le prix de la viande porcine payé par les charcutiers a augmenté de 22 % (par rapport à janvier 2011) et celui de certaines pièces de découpe de plus de 20 %. « La grande distribution refuse une fois encore de tenir compte des réalités économiques », dénoncent les industriels de la charcuterie. Pour rappel, l’accord du 3 mai 2011, signé par les distributeurs, les industriels et les éleveurs permet de réenclencher les négociations tarifaires en cas de « variations excessives des prix de l’alimentation animale ». Néanmoins, si l’accord oblige les signataires à se rassembler autour de la table pour de nouvelles négociations, la modification des tarifs n’est, elle, pas obligatoire.

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