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Échanges mondiaux Les pays en développement vont profiter de l’entrée de la Russie à l’OMC

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L’entrée dans les prochaines semaines de la Russie au sein de l’Organisation mondiale du commerce devrait fortement augmenter les importations agricoles du pays, obligé de revoir à la baisse ses tarifs douaniers. Ce sont les pays en développement, le Brésil en tête, qui devraient le plus en profiter.

L’entrée prochaine de la Russie au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait permettre aux pays en développement d’accroître leurs exportations agricoles vers le pays, estime un rapport publié par le centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD). Selon cette étude, les pays en développement vont bénéficier de la réduction des droits de douane, d’une meilleure visibilité sur l’évolution de la réglementation russe, et de plus de transparence. Toutes ces mesures vont renforcer la compétitivité des importations agricoles en Russie. « La suppression des restrictions diverses (à la fois tarifaires et non tarifaires) sur l’accès au marché agricole de la Russie » contribuera à favoriser les exportateurs de produits agricoles en provenance des pays tiers par rapport aux pays de l’ex-URSS, soulignent les auteurs de ces travaux.
L’OMC a donné son feu vert à l’adhésion de la Russie le 16 décembre dernier. La Douma (le Parlement russe) doit encore ratifier cette décision (elle disposait d’un délai de 6 mois pour le faire).

Baisse des tarifs douaniers et transparence

L’ouverture des marchés russes du bœuf, du porc ou encore du sucre profiterait notamment au Brésil, au Paraguay et à l’Uruguay. En 2010, le Brésil représentait 60,9% des importations russes de viande de bœuf en provenance des pays en développement, et respectivement 99,3% et 94,6% de ses importations de viande porcine et de viande de volaille. L’adhésion à l’OMC ne permettra plus à la Russie de mener sa politique de blocage des importations pour favoriser sa production de viande domestique, note le rapport.
En dehors des importations en provenance des anciennes républiques soviétiques, tout le sucre acheté par la Russie vient des pays en développement. En 2010, le Brésil représentait 85,8% des importations de sucre de la Russie en provenance de ces pays.
L’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud pourraient, quant à eux, « bénéficier de droits à l’importation nettement inférieurs sur leurs exportations de vin, et la Turquie et le Chili pourraient obtenir une réduction de moitié des tarifs appliqués à l’importation sur leurs raisins ». La Colombie et le Kenya espèrent de leur côté voir les droits d’importations sur les fleurs coupées passer de 15 à 5%. Et les pays comme la Chine et l’Afrique du Sud devraient obtenir que la Russie réduise d’au moins 50% par rapport à leur niveau actuel ses tarifs d’importation sur les pommes, les poires et d’autres fruits frais. D’un autre côté, le rapport souligne que les gros importateurs de céréales russes que sont l’Egypte et la Turquie pourraient également en tirer profit, Moscou ne pouvant plus aussi facilement que par le passé décider de restrictions des exportations qui ont des conséquences sur les prix mondiaux. La Russie, si elle décide de mettre en place un embargo sur ses exportations, devra préalablement en informer le comité agricole de l’OMC et les acheteurs auront plus de temps pour prévoir leurs achats en conséquence.

(1) Voir n° 3340 du 05/03/2012

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