Lancée le 10 juin, l’enquête de santé Albane suivra l’état de santé de la population au long cours. Elle mesurera l’exposition aux néonicotinoïdes, au cadmium, et à certains antifongiques.
Santé Publique France et l’Anses ont lancé l’enquête nationale Albane, le 10 juin, qui vise à dépeindre l’état de santé de la population française et son évolution dans le temps. C’est une enquête « d’une ampleur inédite et innovante », a assuré la directrice générale de Santé Publique France Caroline Semaille, en conférence de presse.
D’ampleur inédite, car elle repose sur trois piliers : santé, alimentation/nutrition et surveillance des expositions aux substances chimiques. Dans ce volet sur la biosurveillance, une quinzaine de familles de substances seront mesurées : les métaux dont le cadmium, les composés perfluorés (PFAS), les organochlorés qui sont interdits mais que l’on retrouve encore dans l’environnement, les pyréthrinoïdes qui ont remplacé ces derniers, les organophosphorés et les glyphosates.
« On a une nouveauté dans Albane : ce sera l’analyse des néonicotinoïdes, de certains antifongiques comme le triazole et le folpel », a détaillé le chef de projet, Loïc Rambaud. Autre « nouveauté » : il est prévu de faire un « suspect screening » de pesticides dans les urines pour la présence éventuelle d’autres substances.
L’enquête Albane est aussi innovante parce qu’elle est « cyclique » et vise à être menée sur le long terme, comme ce qui se fait aux États-Unis (enquête NHANES) et au Canada (enquête CHMS), a exposé Caroline Semaille. Le premier cycle de deux ans, qui vient d’être lancé, compte sur la participation de plus de 3 000 personnes « de 0 à 79 ans » tirées au sort. Concrètement, les participants devront répondre à des questionnaires, à une enquête alimentaire, éventuellement porter un accéléromètre (pour mesurer leur activité physique, NDLR), faire des examens de santé et des prélèvements en laboratoire (urine, cheveux, sang).
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Indicateurs territoriaux
Le rythme bisannuel de l’enquête Albane permettra d’alimenter régulièrement la connaissance scientifique et les politiques publiques. « C’est un atout considérable de faire des enquêtes cycliques, d’abord parce qu’elles nous permettront d’être réactifs, et de pouvoir rajouter des questions spécifiques, donc d’apporter des réponses à une attente sociale, ou à des questions politiques ou sociétales », a étayé Caroline Semaille.
De plus, le cumul des cycles des données permettra de « dériver des indicateurs territoriaux » alors que « les enquêtes précédentes ne permettaient que de donner des indicateurs nationaux », a souligné Sébastien Denys, directeur de pôle à Santé Publique France.
Par ailleurs, les résultats d’Albane seront exploités au niveau européen dans le cadre du Partenariat européen pour l’évaluation des risques liés aux substances chimiques (PARC). Les données de consommation seront partagées avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour évaluer les risques des substances présentes dans les aliments.
Le coût du cycle 1, de préparation du cycle 2 (2027-2028) et d’une étude pilote réalisée en 2024 s’élève à 12 millions d’euros, selon Loïc Rambaud.