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Fruits et légumes Les principaux fruits et légumes d’été en état de crise conjoncturelle

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Les principaux fruits et légumes d’été sont en état de crise conjoncturelle. Le ministère de l’Agriculture a reconnu une crise « officielle » pour les melons et pêches-nectarines pendant plus de trois semaines ; la poire vient de les rejoindre et la tomate, produit phare de l’été, a frôlé la crise le 15 juillet.

Les ténors des fruits et légumes d’été, ceux qui font l’objet des plus gros volumes d’affaires, subissent une crise conjoncturelle. Soit officiellement, au sens du SNM (le Service des nouvelles du marché du ministère de l’Agriculture), comme cela a été le cas pour le melon pendant 26 jours, et la pêche-nectarine pendant 24 jours. Soit de façon latente, comme cela a été le cas pour la tomate, qui a connu des prix « anormalement bas » pendant quatre jours ouvrés consécutifs. Interfel, l’interprofession des fruits et légumes, faisait état le 19 juillet d’une « activité ralentie pour la majorité de la gamme » des fruits et légumes durant la semaine 28 (celle du 11 juillet).

Melon : 26 jours ouvrés de crise
Le melon a été en crise conjoncturelle officielle du 10 juin au 19 juillet, soit 26 jours ouvrés consécutifs. « Les apports sur les marchés sont élevés. La concurrence entre bassins de production en France est vive, celle hors frontières aussi. La demande est insuffisante face à cette offre conséquente », indique le ministère, à travers Agreste Conjoncture, publié le 13 juillet. L’indice des prix à la production du melon de juin a été inférieur de 21 % à la moyenne quinquennale, précise-t-il. La situation de crise a fini par s’achever le 20 juillet, du fait d’un repli de l’offre. Interfel signalait le 19 juillet une atténuation progressive des arrivages espagnols (980 tonnes en semaine 26, puis 830 tonnes en semaine 27, puis 520 tonnes en semaine 28). La détérioration du marché ne peut s’expliquer par les surfaces françaises consacrées au melon, celles-ci ayant régressé de 4% cette année, à 14 124 hectares, et de 5% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Pêche-nectarine : toujours en crise le 20 juillet
La pêche-nectarine était toujours en crise officiellement reconnue, le 21 juillet, depuis 24 jours ouvrés consécutifs, jusque-là. « L’offre a atteint le pic de la campagne en semaine 28 : pic de production en Gard-Crau, pic tout juste dépassé en Roussillon et phase ascendante en région Rhône-Alpes », selon le service économique d’Interfel. Pourtant « le potentiel de production en pêches, nectarines, brugnons et pavies reculerait de 1 % par rapport à 2010 et de 7 % si on le compare à la moyenne quinquennale », selon Agreste. Les surfaces françaises ont régressé de 3% en 2011 et de 11% sur cinq ans. La production espagnole « pourrait bondir de 14 % » notait Agreste le 13 juillet. Les professionnels espèrent que le télescopage des bassins de production français et espagnols va s’estomper. Déjà, les arrivages de pêches-nectarines espagnoles sur la place de référence qu’est le marché de St Charles (Perpignan) sont passés de 1 440 tonnes en semaine 27 (celle du 4 juillet) à 900 tonnes en semaine 28.

Tomate : des prix anormalement bas
La tomate a frôlé la crise conjoncturelle le 15 juillet. Ce jour, la tomate était en situation de « prix anormalement bas » depuis quatre jours. À un jour près, la tomate serait entrée en état de crise « conjoncturelle ». Le 15 juillet, l’indicateur de prix du SNM avait un écart de -26% par rapport à la moyenne hebdomadaire de référence établie sur cinq campagnes. La production de la région Paca décline (5 040 tonnes en semaine 27, puis 3 970 en semaine 28), mais elle est relayée par le bassin de production breton, significatif, avec 8 000 à 9 000 tonnes d’apports par semaine. « Au vu des prévisions météo pour cette semaine 29, les ventes risquent de nouveau d’être pénalisées au cours des prochains jours », indiquait Interfel le 19 juillet. Le temps frais et pluvieux, qui n’incite pas à la consommation, s’est confirmé depuis, et les professionnels craignent un enlisement du marché, à moins que les ventes au déballage autorisées par le gouvernement fin juillet aient un vrai effet stimulant sur la consommation. Les superficies françaises de tomates sous serre sont restées stables cette année, à 1 854 hectares, et en repli de 5% sur cinq ans, avec une chute marquée (-15%) dans le Sud-Est.
Par ailleurs, la poire est en état de crise officielle. Le 20 juillet, elle l’était depuis six jours ouvrés consécutifs. La production française est précoce cette année, en progression de 3% par rapport à 2010, mais serait au-dessous de la moyenne quinquennale de 4 %, d’après Agreste.
Tous les produits d’été ne sont pas marqués par la crise. Tel est le cas de l’abricot, bien que ce produit soit au stade de la « pleine offre » et dont la demande est « régulière ». La commercialisation de ce produit pourrait être dynamisée par l’exportation d’abricots de la variété Bergeron.

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