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Sival Les producteurs de fruits et légumes entrevoient des solutions par l’innovation

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Les producteurs de fruits et légumes, confrontés à une chute de leur revenu plusieurs années consécutives, ont pu entendre témoigner de solutions à base d’innovations variétales et commerciales, au Sival d’Angers qui s’est tenu du 12 au 14 janvier. Des filières comme celle de la pomme, de l’abricot, du kiwi, de la pomme de terre et du chou-fleur ont un vrai potentiel de développement à l’exportation.

Alors que les clignotants, comme celui du revenu, sont au rouge pour les producteurs de fruits et légumes, des opérateurs exportateurs sont venus montrer au Sival d’Angers que des filières sont exportatrices, avec un potentiel de progression, et que le secteur des fruits et légumes a déjà su par le passé surmonter des crises.
Ce Sival 2010 a été inauguré le 12 janvier par Bruno Dupont, président du salon, ainsi que de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), avec, à ses côtés, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Dans une conférence de presse, ce dernier est venu saluer « les secteurs créateurs d’emplois », comme les fruits et légumes, et qui « ont une vraie capacité d’innovation génétique ». « L’emploi ne réside pas seulement dans les usines de PSA. Il se matérialise dans les centaines d’entreprises qui exposent ici », a-t-il déclaré. Le Sival, salon des techniques et du matériel pour les fruits et légumes, l’horticulture et la viticulture, a rassemblé 600 exposants, comme les autres années, et 21 000 visiteurs, un peu moins que les 22 à 23 000 des années précédentes, sachant qu’une partie des visiteurs est allée à l’Événement fruits et légumes, salon spécialisé dans la mise en marché, organisé pour la première fois en même temps que le Sival.

Pomme : retrouver l’avance variétale
Plusieurs filières de fruits et légumes s’apprêtent à reconquérir de nouveaux marchés. À commencer par celle de la pomme. « Nous étions leaders à l’exportation parce que nous avions une avance variétale. Aujourd’hui nous repartons à l’exportation avec de nouvelles variétés comme la Pink Lady », a analysé Marc Peyres, un des directeurs commerciaux de la Blue Whale, société basée dans le sud-ouest de la France et spécialisée dans l’exportation de pommes. Il s’exprimait lors d’une conférence organisée par l’interprofession Interfel, le 12 janvier à l’Événement fruits et légumes.
« Nous sommes capables d’exporter de la pomme, même si nous sommes plus cher que la plupart de nos compétiteurs », a ajouté Marc Peyres. Remédier à ces écueils permettra de reconquérir des marchés. Y compris en Afrique, comme l’a indiqué Claude Rehlinger, un des responsables de l’Association nationale pommes-poires.

Abricot : augmentation des surfaces de 7% par an
La filière de l’abricot, quant à elle, est en train de repartir, avec un taux d’augmentation de surfaces du verger français entrant en production de 7% par an, a indiqué par ailleurs Vincent Faugier, président de l’AOP « abricot » au niveau national (AOP : association d’organisations de producteurs). Pour 2011, l’augmentation prévue est de 10%. « L’abricot est un produit qui s’exporte très bien », a précisé Vincent Faugier. Le marché de l’exportation devrait s’ouvrir grâce à un élargissement de la période de production, à la fois par des variétés précoces et des variétés tardives.
La pomme de terre est un autre produit qui s’exporte bien. « Nous avons multiplié par trois à trois et demi nos exportations en 20 ans », a fait remarquer Jean-Luc Gosselin, directeur du CNIPT (Comité national interprofessionnel de la pomme de terre). Grâce à l’exportation, la production française annuelle « s’est accrue de 400 à 500 000 tonnes ». La filière française exporte sur des créneaux qualitatifs, donc à prix plus élevés que la moyenne, mais elle pourrait faire mieux, selon Jean-Luc Gosselin. En effet, elle exporte 1,9 million de tonnes vers 62 pays. Les Pays-Bas, qui exportent bon an mal an 910 000 tonnes, ont 130 pays clients, dont 42% sont des pays tiers. « Nos débouchés ne sont pas assez diversifiés », a commenté le directeur du CNIPT. L’Espagne absorbe 40% des volumes français à l’exportation.

Les crises ne datent pas d’aujourd’hui : la preuve par le kiwi
Ces trois filières (pomme, abricot, pomme de terre) montrent que l’expansion est possible. D’autres, comme celle du kiwi, rappellent que les crises ne datent pas d’aujourd’hui. Les crises des années 1990 pour ce produit ont failli faire péricliter cette toute nouvelle filière, a rappelé François Lafitte, président de la société Prim’Land (production et commercialisation de fruits et légumes frais) et ancien président d’Interfel. Partie de zéro au début des années 1980, la filière française du kiwi, naine à côté de celle du leader néo-zélandais, a traversé des périodes de déstructuration. Mais « les débuts de la commercialisation ont été possibles grâce à la discipline que nous nous sommes imposée ». « J’ai œuvré pour que pas plus de sept à huit entreprises contrôlent le marché, a précisé François Lafitte. L’exportation a été fondamentale pour redresser la filière ». Mais il reste un handicap, celui des distorsions de concurrence entre pays européens. Il doit être surmonté, car il est « inacceptable dans la durée ». Un handicap que le fondateur de la filière du kiwi français attribue à une « erreur de jeunesse de l’Europe ».

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