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Volailles label Les producteurs veulent maintenir la spécificité du label rouge

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Si les volailles sous label résistent dans un contexte de crise avicole, les producteurs, réunis lors de l’assemblée générale du Synalaf le 9 juin à Paris, déploient leurs efforts pour maintenir la spécificité de leurs produits. Le projet de loi d’orientation agricole les inquiète : tout en voulant clarifer la panoplie des signes de qualité, il risque de donner le droit d’accéder à une IGP (Indication géographique protégée) sans avoir à respecter le cahier des charges d’un label ou du bio. Une concurrence qui serait jugée déloyale.

La panoplie des signes de qualité et d’origine (Label, certification, AOC, IGP) est compliquée en France et le consommateur s’y perd. La future loi d’orientation agricole a pour mission de clarifier l’ensemble, mais à trop vouloir bien faire elle inquiète les champions du label que sont les volaillers. Il est question en effet d’autoriser des groupements à accéder à une IGP (Indication géographique protégée) sans l’obliger à respecter un cahier des charges de label. Du coup, c’est une concurrence gênante qui pourrait surgir pour les tenants du Label rouge. D’autant que ceux-ci tiennent à faire la différence entre un véritable signe de qualité (du type label), dont le cahier des charges représente une contrainte en terme de mode de production, et des mentions d’origine (type AOC ou IGP) qui n’attestent pas, en soi, selon le syndicat, une qualité supérieure.

En s’adressant à la représentante du ministère de l’Agriculture, le président du Synalaf Eric Cachan a clairement admis que les producteurs sont prêts à évoluer. Mais cela n’est possible, selon lui, que si on réserve l’IGP à des produits Label rouge, AB (agriculture biologique) ou AOC.

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Ilôt de resistance…

S’il est encore un ilôt de resistance à la crise dans le marasme général des produits avicoles c’est bien celui du Label rouge. Alors que la consommation de poulets standard a baissé de 14% en 2004, celle de poulets Label rouge est restée stable. Elle a même augmenté (12%) pour les produits découpés et pour les poulets vendus en restauration hors domicile (24%). Des chiffres qui représentent déjà un exploit dans le secteur quasi sinistré qu’est le marché de la volaille. Cela n’empêche pas les signaux inquiétants de se manifester. D’une part, les prix de vente plafonnent et le différentiel par rapport au standard a du mal à être préservé. D’autant que bon nombre de grandes surfaces ne se privent pas de faire des promos type « 2 poulets pour le prix d’un » ce qui n’est bon ni pour la rémunération des producteurs ni pour l’image de ces volailles. D’autre part, les exportations ont baissé de 13% en 2004, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse figurant parmi nos principaux clients.

…et actions de développement

Pour remédier à ces risques, les producteurs déploient une série d’efforts qui pourrait porter ses fruits dans les années qui viennent. Ainsi, la mise en avant des volailles françaises va devenir un axe prioritaire sur le marché local ; en outre, le marché de la restauration hors domicile est activement exploré, notamment dans les restaurants scolaires. Ceux-ci sont le meilleur moyen de faire entrer la volaille sous label dans les structures de consommation. Le Synalaf demande pour cela une meilleure collaboration des instances responsables de la restauration publique. Enfin, d’une manière générale, elle mène des campagnes d’information sur les contraintes concrètes que représentent les cahiers des charges des produits sous label. Selon les conclusions d’une table ronde sur la consommation, le client final est très peu informé sur ce que repésente vraiment le cahier des charges de la volaille label.