Dans un communiqué diffusé aussitôt après la parution des chiffres sur le revenu agricole, la FNSEA regrette que la « chute inexorable du revenu agricole français se confirme ». La fédération rappelle que « la chute est artificiellement amortie en moyenne par les chiffres “favorables” de la viticulture, dus à un effet d’optique statistique trompeur : en effet, les stocks non vendus sont valorisés et inclus dans le revenu ! » La FNSEA conclut que « la loi d’orientation agricole, la remise en cause du budget de la PAC sont autant d’occasions de faire valoir que le monde agricole a besoin d’un sursaut et d’espoir. Les politiques doivent prendre leurs responsabilités face à un secteur profondément vital à l’économie française, à l’emploi, à l’équilibre des territoires et à l’identité du pays même, n’en déplaise aux porteurs d’un projet tout libéral, simpliste et potentiellement dévastateur. »
De son côté, la Confédération paysanne estime que ces comptes « révèlent une nouvelle fois l’état de santé dramatique de l’agriculture française livrée aux accords de l’OMC, à la compétition aux plus bas coûts de production et l’importance des subventions qui visiblement ne réparent pas les dégâts du libéralisme. »
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La Cordination rurale insiste sur le fait que le revenu agricole diminue de 2,5% l’an depuis cinq ans tandis que les chiffres de 2004 « sont à lire avec méfiance » en raison de la hausse artificielle constatée pour les viticulteurs. D’une manière générale, la Coordination souligne « l’anomalie qui consiste à faire profiter l’agroalimentaire et la distribution de prix ridiculement bas payés aux agriculteurs pour conforter leurs marges, puisque les prix ne cessent paradoxalement d’augmenter à la consommation. »
Pour l’APCA, cette baisse de revenu est doublement préoccupante. « Elle concerne en effet une année qui avait été très favorable sur le plan climatique. Elle vient confirmer par ailleurs une tendance défavorable depuis six ans. La baisse cumulée du revenu des exploitants agricoles atteint 16 % depuis 1998 en valeur réelle », affirment les chambres d’agriculture. « Devant une telle situation, le débat sur le budget européen revêt une importance capitale car toute réduction aurait un lourd impact sur le revenu des agriculteurs », conclut l’APCA.