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Pac Les riziculteurs de Camargue insatisfaits de leur MAE

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Environ 400 agriculteurs, selon les organisateurs, majoritairement des riziculteurs de Camargue, 300 selon la police, ont défilé le 12 mars à Arles pour protester contre la nouvelle Pac, dont le soutien au riz repose sur une MAE (mesure agroenvironnementale) qualifiée d'« usine à gaz ».

«Riz = survie de nos territoires et de nos traditions », « Stop aux promesses, des actes », pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants, qui ont bloqué une entrée de la ville avec 700 moutons et une vingtaine de tracteurs. Des éleveurs d'ovins, des producteurs de foin de la région de la Crau et des éleveurs de taureaux camarguais se sont joints à l'action soutenue par la FDSEA du Gard et des Bouches-du-Rhône. « Le riz de Camargue est contesté, humilié et son avenir est suspendu à une hypothétique MAE qui va poser plus de problèmes qu'elle ne va en résoudre. Une usine à gaz de plus », a expliqué le Syndicat des riziculteurs de France et Filière dans un communiqué le 6 mars. Cette manifestation « solidaire », avec les éleveurs ovins et de bovins camarguais, vise à faire pression sur les pouvoirs publics, dont ils attendent « un geste fort et efficace pour le salut de leur profession ». « Moins de riz, c'est également moins d'eau douce pour dessaler les sols, donc des pâturages de moindre qualité », selon le communiqué.

Distorsion de concurrence

« Il faut que le gouvernement prenne en compte nos spécificités, il nous faut des solutions exceptionnelles pour un territoire très fragile », a indiqué le président du syndicat Bertrand Mazel, ajoutant : « Si on n'est pas épaulé ça va devenir un désert salé, sans emplois ». Pour lui, la MAE en préparation est trop “compliquée”, à la fois d'un point de vue administratif, sur les critères d'éligibilité, le plafond d'aide par exploitation… « On est les seuls, dans l'UE, à ne pas avoir de soutien spécifique au riz. Un pays comme l'Espagne garantit au secteur une aide couplée. Cela crée une distorsion de concurrence. »

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Dans un communiqué le 12 mars, la FNSEA a affiché son soutien à la mobilisation. « Suite à la réforme de la Pac, le ministère de l'Agriculture fait un choix : celui de remettre en cause l'activité de nombreux agriculteurs et éleveurs de Camargue, et avec elle les très nombreux emplois attachés à leurs activités, considère la centrale. C'est une nouvelle atteinte à la diversité de nos territoires et de nos productions. C'est remettre en cause la spécificité environnementale de cette région, reconnue à travers le monde. »

Chute des emblavements

L'option française se traduit par la disparition de quelque 8 millions d'euros de subventions, d'après Bertrand Mazel. Les Céréaliers de France, dans un communiqué le 13 mars, appellent le gouvernement à « réviser ses positions pour éviter l'effondrement des exploitations rizicoles et des activités qu'elles alimentent. C'est également l'avenir d'un système écologique et d'un équilibre territorial uniques qui se joue ». Le secteur voit son avenir encore assombri par la perspective d'une moindre production. « Les surfaces de riz seront en baisse de 30 à 40 % pour la prochaine récolte, a estimé le président. Il y a de la démotivation, après une année difficile liée à la météo du printemps. » Dans son communiqué, la filière recense 230 producteurs, 7 organismes stockeurs, 16 riziers conditionneurs et négociants metteurs en marché, qui génèrent un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros et font vivre en aval et en amont près de 2 000 personnes.