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Vins Les rosés de Provence ont leur avenir surtout à l’export

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Les producteurs de vins de Provence restent encore en marge de la grave crise qui frappe les vignobles de Bordeaux, de Côtes-du-Rhône et du Languedoc mais sauf à accroître notablement leurs exportations, ils plongeront à leur tour, prédisent leurs responsables.

Nous avons mangé notre pain blanc », explique Jean-Jacques Breban, responsable export du CIVP (Conseil interprofessionnel des vins de Provence) qui regroupe les appellations Coteaux d’Aix-en-Provence, Coteaux Varois et Côtes de Provence. Ces vignobles résistent encore car ils produisent à 80 % du rosé – un vin moins touché que les rouges par la crise. C’est une petite production (1,2 million d’hectolitres en 2005), le plus souvent familiale, et qui est largement écoulée localement. Pour ces raisons « on se porte mieux que les autres » mais « on va vers un marché difficile», assure M. Breban.

Les viticulteurs mettent en cause la baisse générale de la consommation de vin en France – qui a diminué de moitié en 40 ans, assure Charles Sardou, secrétaire général des Coteaux d’Aix –, la concurrence des vins du « Nouveau monde » vendus à des prix inférieurs. Ils s’inquiètent également de la stagnation du tourisme en Provence au profit de destinations plus exotiques.

Clignotants à l’orange

Pour les Coteaux d’Aix, les clignotants sont à l’orange depuis près de deux ans: les exportations se sont effondrées, les cours ont baissé, les stocks se sont accumulés – un mauvais point pour les rosés qui ne se gardent pas. Une campagne pour promouvoir en Grande-Bretagne le « dry rosé » a tourné court.

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« Augmenter la consommation en France, c’est illusoire, il faut exporter davantage », selon James de Roany, président du Comité des Coteaux d’Aix.

Sur ce point, les vins de Provence ont encore de la marge puisque 10 % seulement de la production est exporté, contre 15 à 20 % dans les autres régions.

Les Provençaux veulent conforter leur position chez leurs importateurs traditionnels comme l’Allemagne – où la consommation de rosé ne se limite pas à l’été – ou la Belgique (mais la concurrence des vins d’Italie ou d’Espagne y est forte), et commencent également à regarder vers l’Asie, le rosé se mariant idéalement avec la cuisine asiatique. D’ailleurs, « notre premier marché à l’exportation, c’est Paris, car il y a beaucoup de restaurants asiatiques ».