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Les syndicats agricoles unanimes pour demander une nouvelle loi foncière

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Pour la première fois depuis des décennies, les syndicats d’agriculteurs s'accordent pour demander une nouvelle loi foncière qui régule davantage les marchés fonciers. Ils sont montés à la tribune, sur le stand de la Fédération nationale des Safer au Salon, le 25 février, afin d'appuyer l’appel du député socialiste Dominique Potier, pour enclencher la discussion à l’Assemblée nationale en vue d’une nouvelle loi.

Tous, FNSEA, JA, Coordination rurale, Confédération paysanne, Modef se sont succédés à la tribune du stand de la Fédération nationale des Safer au Salon pour appeler à davantage de régulation des marchés fonciers. L'ensemble des organisations s'accorde pour qu'une politique foncière permette un accès à la terre à la nouvelle génération et pour tendre vers le « zéro artificialisation ». Ils ont tous souligné que le sol est un bien vital qui se raréfie, qui n’est pas renouvelable et qui est convoité. « Il faut vraiment un outil de régulation pour l’accès des jeunes agriculteurs au foncier », a notamment déclaré le représentant des Jeunes agriculteurs. Des personnalités de la Fnab (agriculture biologique), des parcs naturels, le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) et France Nature environnement sont venus apporter leur soutien à cette volonté politique.

Ils étaient aux côtés du député socialiste Dominique Potier, agriculteur, qui plaide depuis sept ans pour qu’une loi foncière régule les marchés fonciers et favorise de façon efficace l’installation. « Nous sommes convaincus que si tout le monde qui est ici pousse dans le même sens, on arrivera à inscrire la loi foncière à l’agenda de l’Assemblée en 2020 », a déclaré Emmanuel Hyest, président de la FNSafer. « C’est un combat politique et nous n’allons pas attendre la Saint-Glinglin pour le mener », a renchéri Dominique Potier.

La régulation est plus nécessaire qu’avant

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« La régulation des marchés fonciers est importante, car, comme on peut le voir au Salon, la société française veut plus d’agriculteurs et ne veut pas de leur remplacement par des sociétés foncières », a souligné Emmanuel Hyest. Il a expliqué que les trois-quarts des transactions foncières ne nécessitent pas de régulation, mais qu’un quart posent des problèmes. « Ce sont les excès qu’il faut corriger », a-t-il ajouté. Or, ces derniers sont devenus plus fréquents qu’il y a une dizaine d’années. « Avant, quand un agriculteur rachetait une ferme, le plus souvent c’était le projet de sa vie. Maintenant on rencontre des opérateurs qui achètent une ferme tous les trois ans. » Le député LREM Jean-Bernard Sempastous a ajouté que les outils fonciers « n’assurent plus leurs missions ». Pour lui, « il faut avancer, il faut écrire cette loi pour demain ».

« Nous appelons à penser le foncier comme un bien commun. Partout où l’on partage le foncier, apparaît la prospérité ; partout où le foncier est accaparé apparaissent la pauvreté et la dictature », a conclu Dominique Potier.

« Nous appelons à penser le foncier comme un bien commun »