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Les syndicats appellent à « des mesures d’urgences » après les intempéries

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Plusieurs syndicats agricoles ont appelé à mettre en place des « mesures d’urgence » pour les exploitations touchées par les violents orages qui se sont concentrés sur la région Auvergne-Rhône Alpes le week-end du 16 juin. Le ministre de l’Agriculture a promis une déclaration rapide de l’état de catastrophe naturelle.

Les orages accompagnés de grêles qui ont touché plusieurs départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes auraient causé « des dizaines de millions d’euros de dégâts » dans les exploitations agricoles, a indiqué Michel Joux, le président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, précisant que des estimations plus précises devraient être disponibles d’ici la fin de la semaine. Les secteurs plus particulièrement frappés dans la région ont été l’arboriculture (noix, abricots, cerises ou pêches) en Isère, dans la Drôme et en Ardèche, ainsi que la viticulture en Isère et dans la Drôme mais aussi en Savoie. Les exploitations céréalières et fourragères de Loire, Isère et Drôme auraient également été touchées, a précisé M. Joux à l’AFP. Dans un communiqué le 17 juin, la Confédération paysanne a également rappelé « l’ampleur considérable des dégâts » avec, selon elle, des pertes de « plus de 90 % » de production dans la Drôme et l’Isère pour des vignerons, nuciculteurs ou arboriculteurs ou des fourrages « détruits à 100 % » dans la Loire.

La Drôme et l’Isère « départements les plus touchés »

En déplacement dans la Drôme et l’Isère le 16 juin, le ministre de l’Agriculture a annoncé que l’état de catastrophe naturelle serait pris « dans les deux jours qui viennent ». « En termes agricoles, la Drôme et l’Isère sont les départements les plus touchés », a-t-il indiqué, estimant là aussi que « pour la plupart des récoltes, c’est entre 80 et 100 % de pertes ». « Les arrêtés de catastrophe naturelle et de calamités agricoles […] sont loin de répondre à toutes les situations », a mis en garde la Confédération paysanne dans son communiqué. « Les pertes de récoltes causées par la grêle ne sont pas éligibles au régime des calamités, au prétexte qu’elles sont réputées assurables », indique la Conf' qui demande la mise en place de « mesures d’urgences », à l'unisson d'autres syndicats agricoles.

L’organisation souhaite notamment « une avance de trésorerie partout où cela sera nécessaire », « un accompagnement psychologique des personnes concernées », ainsi qu’une « prise en charge » des cotisations sociales et des intérêts d’emprunts. Cette dernière mesure est également portée par le Modef dans un communiqué le 17 juin. Le syndicat insiste par ailleurs pour que les producteurs de la Drôme, d’Isère, de Lozère et d’Ardèche soient exonérés d’impôts fonciers, ainsi que des règles « des minimis agricoles » pour les producteurs des zones sinistrées. La FNSEA souhaite, elle, que les mesures générales d’exonérations (la taxe foncière sur les propriétés non-bâties par exemple) soient « automatiques pour les communes classées », et non pas à la demande des producteurs, a indiqué Christiane Lambert, présidente du syndicat, en déplacement dans la Drôme et l’Ardèche le 19 juin. Elle conseille, comme lors des inondations dans l’Aude en 2018, de créer « une caisse de péréquation unique gérée par les FDSEA et les chambres d’agriculture pour répartir les fonds ».

Réforme du système assurantiel

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Christiane Lambert a par ailleurs plaidé pour des dispositifs assurantiels « plus appropriés pour les arboriculteurs ». Une demande à laquelle le ministre de l’Agriculture, qu’elle a rencontré le 18 juin, se serait montré sensible. « Auparavant, il s’interrogeait sur la pertinence des dispositifs assurantiels. Aujourd’hui, il est convaincu qu’ils sont indispensables », a-t-elle indiqué. Seuls 5 % des surfaces arboricoles sont assurées, d’après la FNSEA. Ce travail sur l’attractivité de l’assurance récolte pourrait passer par la hausse du taux de subvention des cotisations (prévue par le règlement européen Omnibus) et par des « ciblages plus précis ». La Confédération paysanne souhaite au contraire une « remise à plat complète du système assurantiel privé », rappelant que Didier Guillaume avait estimé en avril dernier, lors de son congrès, qu’il était « une arnaque tel qu’il est ». Le syndicat appelle dans son communiqué à un « réengagement de l’État en soutien à un système collectif et mutualiste ».

FNSEA: des dispositifs assurantiels « plus appropriés pour les arboriculteurs »

Conf': une « remise à plat complète du système assurantiel privé »

Après les intempéries, Auvergne-Rhône-Alpes veut tester un fonds régional des calamités

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a demandé au ministère de l’Agriculture d’autoriser sa région « à expérimenter la mise en place d’un fonds régional de protection contre les calamités » après les violents orages, a indiqué le conseil régional dans un communiqué le 17 juin. Sans préciser la forme que pourrait prendre ce fonds ni son couplage avec les dispositifs existants, il a par ailleurs indiqué son intention de voter « dès la semaine prochaine » la « mise en place d’une aide d’urgence de 5 M€ » pour faire face « aux chocs de trésorerie » que va provoquer cette intempérie pour le secteur agricole. La région souhaite également la création d’une « cellule de crise régionale » pour « faire converger l’ensemble des aides ».