Après les dégâts causés par le gel en 2016 et en 2017, la filière du cassis français connaît un nouveau coup dur avec la canicule exceptionnelle du 25 au 30 juin dernier. D’après l’Afidem, l’association de fruits et légumes transformés, la vague de chaleur a « touché de plein fouet la production de cassis », à quelques jours de la récolte prévue le 1er juillet. Aucun territoire de production ni variété n’est épargné, avec des cassis « cuits, desséchés et totalement perdus en chutant au sol avant récolte » et des feuillages « grillés, brûlés par la chaleur ». Les pertes vont de la moitié à la totalité de la production de l’année pour certains.
L’association professionnelle avertit que le déficit de production récurrent empêchera les transformateurs de répondre à toutes les demandes et dit craindre la pénurie. Ce sera certainement le cas pour les producteurs de crème de cassis de Dijon, qui requiert une variété endémique à la région, le Noir de Bourgogne, particulièrement touché. François Battault, président du Syndicat des fabricants de cassis de Dijon qui regroupe quatre fabricants (Lejay-Lagoute, L’Héritier-Guyot, Edmond Briottet et Gabriel Boudier), parle d’une « situation inédite ».
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Troisième producteur européen de cassis après la Pologne et le Royaume-Uni, la France peut produire jusqu’à 7 000 tonnes de baies par an sur une surface totale de 2000 hectares. Les trente entreprises de production et de transformation que compte la filière réalisent un chiffre d’affaires de 100 M€ par an, dont 20 % à l’export. Les débouchés sont connus : la moitié de la récolte est transformée en crème de cassis, le reste en compote, purée, coulis, confitures ou bien jus.