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Pratiques agricoles Les vertus de l’agroforesterie peu à peu reconnues

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Six mois après l’adoption par la France de la mesure 222 du PDRH qui soutient l’installation de parcelles agroforestières, l’Association française d’agroforesterie espère que cette décision sera une première étape pour une reconnaissance plus large de cette pratique agricole.

L’Association française d’agroforesterie (Afaf), qui tenait le 8 décembre à Obernai (Bas-Rhin) son assemblée générale, compte beaucoup sur l’adoption de la mesure 222 du PDRH (programme de développement rural hexagonal) reconnaissant et soutenant les systèmes alliant arbres et cultures pour développer ces pratiques. Par la publication de cette circulaire du 25 mai, la France rend admissible aux DPU (Droits à paiement unique de la Pac) les parcelles agroforestières de moins de 200 arbres/ha, les reconnaissant comme 100% agricoles. De plus les travaux de boisement de parcelles agroforestières peuvent désormais bénéficier de subventions par redéploiement de l’enveloppe budgétaire attribuée du FEADER au niveau régional avec un plafond de 70% de la dépense en zone non défavorisée et de 80% en zone défavorisée. Problème : seuls les alignements d’arbres intraparcellaires sont éligibles à cette mesure. Pour l’Afaf, il faudrait que le ministère de l’Agriculture adopte le même type de programme aux autres formes agroforestières (plus traditionnelles) comme les près vergers, les haies… D’autre part, l’activation de cette mesure est régionale. Depuis la publication de la circulaire, 5 régions (Nord-Pas de Calais, Pays de la Loire, Picardie, Poitou-Charentes et Guyane) ont ouvert – ou s’apprêtent à ouvrir – la mesure 222 dans leur budget. D’autres y réfléchissent (Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon…), mais il faut une mobilisation locale pour convaincre les conseil régionaux d’adopter le programme.

Trame verte et Pac 2013

Les systèmes agroforestiers (hors bocages) représentent environ 170 000 ha en France aujourd’hui dont une majorité de près vergers localisés dans l’Ouest. L’AFAF espère également que l’adoption de cette mesure 222 est une première étape pour une reconnaissance plus large des avantages de l’agroforesterie. « On souhaite pouvoir contribuer à l’intégration de l’arbre champêtre en général dans tous les cadres existants », explique Séverin Lavoyer, administrateur de l’Afaf. L’association travaille notamment avec CDC Climat (filiale de la Caisse des dépôts et consignations) pour évaluer l’intérêt des systèmes agroforestiers en termes de séquestration de carbone. Cette pratique pourrait également bénéficier de la mise en place des trames vertes (Grenelle) pour tirer son épingle du jeu.
Comme pour beaucoup de systèmes de production, le principal enjeu pour les années à venir est la négociation de la Pac après 2013. L’association souhaite que l’arbre soit reconnu comme un instrument de production et non plus seulement comme un obstacle sur les parcelles. La Commission européenne affiche sa volonté de verdir la Pac, l’agroforesterie veut saisir l’occasion : « Aujourd’hui nous avons une expertise qui montre que l’arbre peut répondre aux objectifs fixés par Bruxelles », souligne, enthousiaste Séverin Lavoyer.

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