Abonné

Les viandes Limousines s’attendent à une année « compliquée »

- - 3 min

Les filières des viandes Limousines Labels rouges rencontrent des difficultés d’approvisionnement, notamment en raison des maladies vectorielles. Après un fort recul des ventes en 2023, la baisse a ralenti en 2024.

Tensions sur l’approvisionnement, problèmes sanitaires, ventes en recul… « On sent que l’année 2025 va être compliquée » pour les viandes Limousines Label rouge, a indiqué Jean-Marc Escure, directeur de Limousin promotion (ODG) en conférence de presse le 20 janvier. « Il commence à y avoir des problèmes d’approvisionnement, de manque de production dans les élevages », précise son président Jean-Pierre Bonnet, rappelant que « cela fait des années qu’on met l’accent là-dessus ». Deux phénomènes ont fait basculer une situation déjà fragile : le prix élevé des broutards, qui n’incite pas les éleveurs à produire des veaux sous la mère, et les maladies vectorielles (FCO, MHE), lourdes de conséquences pour la fertilité des ovins et des bovins. « Il manque entre 10 % et 30 % de vaches prêtes à vêler » par rapport à la normale, relève Jean-Marc Escure.

Après des ventes en fort recul en 2023 pour cause d’inflation, la baisse a ralenti en 2024 : -5 % pour le bœuf, -10 % pour le veau et l’agneau, + 15 % pour le porc (grâce à un nouvel opérateur), selon des chiffres provisoires. Des tendances qui se poursuivent début 2025. L’année dernière, les volumes vendus ont totalisé 13 000 t pour les six viandes Limousines Label rouge et IGP, avec en tête le bœuf (6 000 t) et le porc (2 900 t), suivis du « Limousin junior » (1 800 t) et des deux types de veaux sous la mère (1 800 t).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

restauration
Suivi
Suivre

Potentiel en restauration collective

Quant au nombre de points de vente, il recule de 10 % en 2024. Une chute « essentiellement liée au désengagement de certains distributeurs » et à des cessations d’activité de boucheries, selon M. Escure. Deux circuits qui représentent l’essentiel des débouchés pour ces viandes (59 % en boucheries, 38,5 % en GMS). La restauration ne représente que 2,5 % des contrats de vente. Une part sous-estimée, car elle ne comprend que les restaurants « en capacité d’acheter des quartiers d’animaux et de les découper comme le font les bouchers ». Ces chiffres ne comportent pas les professionnels vendant de la viande découpée ou hachée.

Lire aussi En difficulté, les Viandes limousines veulent relancer la consommation

Limousin promotion souhaite aussi développer les ventes en restauration collective. « Les cantines voudraient avoir des rôtis cuits, explique M. Escure. Mais les cahiers des charges des Labels rouges ne prévoient que la vente de viandes fraîches. » L’organisme de défense et de gestion (ODG) cherche à « faire bouger les lignes » auprès de l‘Inao, arguant que ces volumes pourraient ainsi entrer dans la part obligatoire sous signe de qualité prévue par les lois Egalim.

Le nombre de points de vente recule de 10 % en 2024