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Vin Les vignerons coopérateurs souhaitent « s'asseoir à la table de la Pac »

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La viticulture ne doit pas rester à l'écart de la prochaine réforme de la Politique agricole commune ont expliqué les coopératives vinicoles lors de leur congrès, le 6 juillet à l'île d'Embiez (Var). Il leur faut encore convaincre la Commission européenne.

Les coopératives vinicoles souhaitent que la viticulture ne soit pas oubliée dans la réforme de la Pac actuellement en discussion. Elles l'ont signifié lors de leur congrès en plaçant la question de la Politique agricole commune à l'horizon 2020 au centre de leur débat de clôture de congrès. « On nous demande souvent : souhaitez-vous un régime spécifique ou horizontal? Nous voulons les deux », a résumé Thierry Coste, président du groupe de travail vin du Copa-Cogeca et membre du conseil de la CCVF. « Notre secteur sera impacté par la prochaine réforme. C'est pourquoi nous voulons en être partie prenante et nous asseoir à la table des négociations », a-t-il expliqué. La CCVF s'est associée à la Fédération des coopératives de fruits et légumes (Felcoop) dans un texte commun plaidant en faveur de l'association de ces deux secteurs à la future Pac.
« Il n'est pas prévu que la réforme concerne le secteur du vin », a cependant prévenu Jésus Zorilla, chef de l'unité vin à la DG Agri de la Commission européenne. Anticipant les conclusions d'un rapport d'audit de la réforme de l'actuelle OCM vin telle qu'elle a été réformée en 2008, ce dernier a estimé que son application avait porté ses fruits. « La politique nationale de soutien a été menée de façon satisfaisante dans l'utilisation des fonds structurels comme les aides à la restructuration, à l'investissement ou à la promotion sur les pays tiers », a-t-il dit. « Nous ne sommes pas convaincus qu'il faille développer d'autres outils de régulation », a-t-il poursuivi, évoquant « l'expérience négative » de la distillation qui aurait « plus régulé le marché de l'alcool que celui du vin », a admis un président de coopérative. En revanche, Jesus Zorilla s'est dit favorable « au maintien de mesures en faveur de la commercialisation, pour développer les marchés sur les pays-tiers ».
S'il a écarté l'idée d'une association du secteur du vin, le représentant de la Commission européenne n'a cependant pas démenti que la prochaine réforme de la Pac aurait un impact indirect sur la viticulture. Il a notamment cité le verdissement de la Pac – dont les vignerons coopérateurs estiment qu'elle pourrait entraîner la conditionnalité de certaines aides dans leur secteur –, le rôle croissant accordé aux organisations de producteurs et aux interprofessions et les mesures anti-crise visant à lutter contre la volatilité des prix. Autant de sujets sur lesquels les coopératives ont des positions à faire valoir.

« Mobilisation totale » sur les droits de plantation

La question de la Pac n'est pas la seule pomme de discorde de la CCVF avec la Commission européenne. Dans son discours de clôture, Denis Verdier a rappelé solennellement son hostilité à la suppression des droits de plantation, qui figure toujours au calendrier européen. « Nous sommes en train de convaincre un à un les gouvernements, Nicolas Sarkozy s'est engagé à les maintenir. Je ne peux pas croire que la Commission européenne décide seule sur cette question », s'est-il inquiété, annonçant au passage « une mobilisation totale de la viticulture française » en cas de fin de non-recevoir. Le milieu du vin a les capacités de faire plier la Commission européenne sur le sujet. « Lorsque Bruxelles a souhaité autoriser le mélange du rouge et du blanc pour la fabrication du rosé, on nous a dit que les jeux étaient faits. Mais grâce à la mobilisation, nous avons su faire revenir la Commission sur sa décision. »

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