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Vin Les vignerons européens réclament le maintien d’une réglementation spécifique

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L’intégration de l’organisation commune de marché viti-vinicole dans l’OCM unique mise en place par la Commission de Bruxelles sous couvert de simplification juridique et d’harmonisation administrative de la Pac est vivement contestée par la Confédération européenne des vignerons indépendants (CEVI). L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, qui implique désormais le Parlement européen dans les prises de décision dans le secteur agricole, constitue une bonne opportunité pour défendre la spécificité du vin, souligne la CEVI.

Au cours des journées « vignerons d’Europe », organisées les 5 et 6 décembre à Montecatini en Italie, le Français Xavier de Volontat , président de la CEVI, a alerté les participants sur les dangers provoqués par les actuelles réformes réglementaires qui, sous prétexte de simplification, aboutissent à traiter et à considérer le vin comme une denrée alimentaire comme une autre. « Entre les bonbons, les yaourts et les petits pois, le seul élément différenciant du vin sera son titre alcoométrique. Je vous laisse deviner tout ce que cela peut impliquer, en particulier en termes de politique de santé publique, en termes culturel, économique et social », a souligné M. de Volontat.

Un début de processus préoccupant
Selon lui, la dispersion des anciens règlements vin dans les divers chapitres de l’OCM unique « n’est que le début d’un processus préoccupant ». La réforme de l’étiquetage que propose la Commission va dans la même logique, s’alarme le président de la CEVI, qui ne veut pas d’un seul règlement encadrant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. « Nous nous battons pour obtenir une exemption des calories et des ingrédients pour le vin », a-t-il affirmé. Une telle exemption existe actuellement pour cinq ans. M. de Volontat redoute également qu’à terme, les AOP (appellation d’origine protégée) et IGP (indication géographique protégée) ne finissent par être étendues au vin. Le traité de Lisbonne va mettre le Parlement européen sur un pied d’égalité avec le Conseil des ministres de l’UE, « à nous de saisir cette opportunité pour impliquer les députés dans nos batailles », a conclu le président du CEVI.
La Confédération européenne des vignerons indépendants est présente en France, au Portugal, en Suisse, au Luxembourg, en Hongrie, en Espagne, en Slovénie et en Italie.

Adoption d’un « manifeste des vignerons d’Europe », à l’initiative de Slow Food
Un millier de vignerons provenant de 20 pays d’Europe ont adopté le 7 décembre à Florence un « manifeste des vignerons d’Europe » au terme duquel ils s’engagent à pratiquer une viticulture durable. Réunis à l’initiative de la région Toscane et du mouvement écolo-gastronomique Slow Food, les vignerons « demandent aux autorités de ne pas faire obstacle à leur travail, avec des réglements adaptés à l’industrie mais pas à leurs particularismes ». Le viticulteur adhérent au manifeste « prend la responsabilité de préserver et d’améliorer la fertilité du sol et l’équilibre des écosystèmes et s’engage à renoncer à l’utilisation de molécules et d’organismes artificiels et de synthèse ».
Fondé en 1989, en Italie, avec un escargot pour emblème, le mouvement Slow Food, par opposition à la cuisine fast-food, lutte contre l’uniformisation du goût et veut enrayer la disparition des traditions gastronomiques locales.

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