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Viticulture Les Vignerons indépendants défendent un vin plus vert

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Accompagné dans sa démarche par le ministère de l'Agriculture, le syndicat des Vignerons indépendants organise, du 29 au 31 mai, le premier salon Nature et vins, destiné à promouvoir les pratiques agroécologiques dans la viticulture. Une occasion de communiquer sur l'essor du vin sous signe de qualité ou certifié, avec un focus sur la production bio, en biodynamie et la certification Haute valeur environnementale (HVE).

Quelque 80 vignerons, dont 56 producteurs bio et 17 certifiés HVE, participeront au salon Nature et vins à l'espace Champerret à Paris, afin de soutenir la production issue de pratiques respectueuses de l'environnement. Du 29 au 31 mai, près de 4 000 visiteurs sont attendus par les Vignerons indépendants qui constatent une demande croissante des consommateurs en matière de vin produit dans « le respect de l'environnement ».

Les viticulteurs, par « philosophie » selon le syndicat, et dans un souci de répondre aux attentes des consommateurs, tendraient à se tourner de plus en plus vers les pratiques plus vertes.

L'essor du bio

En 5 ans, les surfaces de vignoble en agriculture biologique ont été multipliées par 3, jusqu'à représenter, en 2014, 8% du vignoble français (soit 66 000 ha). Si l'offre augmente, on constate la même tendance à la consommation : la demande en vin bio a augmenté de 14% en 2014. Par ailleurs, un tiers des consommateurs de vin déclarent boire du vin biologique et la moitié des restaurants français affirment proposer au moins un vin bio dans sa carte. Le vin bio représenterait un marché national de 574 millions d'euros en 2014, et ce dynamisme se vérifie également à l'exportation.

La biodynamie fait également son chemin. Poussant plus loin encore dans la démarche pro-environnementale, ce type de production ne représente qu'1% de la production française actuellement, mais déjà 3% des Vignerons indépendants, qui misent sur 9% pour 2017.

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Le syndicat relève cependant les difficultés pour certains viticulteurs de se maintenir dans la démarche bio. Les contraintes géographiques et climatiques sont parfois trop pesantes pour que les exploitations restent financièrement viables, explique Michel Issaly, porte-parole des Vignerons indépendants. Il reconnaît que certains viticulteurs, après 2 ou 3 années compliquées (aléas climatiques, maladies des vignes…), envisagent d'abandonner l'agriculture biologique « mais c'est toujours à contrecœur ».

Promouvoir la certification HVE

Depuis son lancement en 2012, la certification HVE a été obtenue par 168 exploitations agricoles en France. 90% d'entre elles (151) sont à majorité viticole.

Pour les viticulteurs soumis à des contraintes géographiques et climatiques, Michel Issaly voit en la certification HVE une « bonne alternative ». Sans la contrainte de l'agriculture bio caractérisée par la non-utilisation de produits phytosanitaires, la HVE favorise, selon les Vignerons indépendants « le maintien et le développement de la biodiversité » au sein des parcelles et dans les alentours et le développement de « cultures respectueuses de l'environnement ». La HVE serait également, selon Michel Issaly, un excellent outil de lutte contre les maladies et prédateurs de la vigne. « Les haies constituent une barrière aux insectes et autres prédateurs ».

Les pratiques HVE seraient en elles-mêmes, selon le syndicat, un excellent outil de communication, car elles sont visibles par les touristes, avec un retour des haies et des arbres dans les vignobles. Pour autant, les Vignerons indépendants déplorent la méconnaissance des consommateurs sur cette certification. Ils en appellent au ministère de l'Agriculture pour communiquer plus largement vers le grand public.