La révision de la Pac prévue à l’occasion du bilan de santé que la Commission européenne présentera le 20 novembre a été évoquée à plusieurs reprises lors de la réunion informelle des ministres de l’agriculture de l’Union qui s’est tenue du 16 au 18 septembre à Porto au Portugal.
La plupart des pays ont souligné la nécessité de donner une importance accrue à la politique de développement rural ( 2 e pilier) sans pour autant remettre en cause le soutien de la Pac (1 er pilier). Pour accroître les crédits réservés au deuxième pilier, Mariann Fischer Boel pourrait proposer de réduire le montant des aides directes pour les exploitations touchant plus de 100 000 euros Voir même numéro.
De leur côté, les Pays-Bas ont lancé à Porto le débat sur l’avenir du régime laitier en se prononçant pour une augmentation des quotas de 2 à 3 % dès la prochaine campagne Voir même numéro.
Par ailleurs, la commissaire à l’agriculture a estimé que sa proposition de ramener de 10 % à 0 % l’obligation de gel des terres devrait être approuvée lors du Conseil agricole de l’Union du 26 septembre, dans la mesure où le Parlement européen a convenu de rendre son avis le même jour.
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Maintenir un équlibre entre les deux piliers de la Pac
Thème officiel du Conseil informel de Porto, l’importance des filières agro-alimentaires pour le développement rural a été très largement reconnue par les Vingt-sept. Si plusieurs pays comme la France ont surtout mis l’accent sur la production en aval, d’autres Etats membres ont souligné le besoin de développer les infrastructures, les nouvelles technologies, la bio-énergie ainsi que l’agro-tourisme, en raison d’un regain d’intérêt des consommateurs pour les produits du terroir.
Au cours de cette discussion, l’idée de rendre plus flexibles les instruments de soutien du marché lors du bilan de santé de la Pac n’a pas été contestée, à la condition, pour la plupart des ministres, que le modèle actuel, à savoir le maintien d’un équilibre entre le premier et le deuxième pilier de la Pac, ne soit pas remis en cause. Certains ministres ont souligné qu’il fallait veiller à conserver un cadre agricole commun pour ne pas aboutir à une renationalisation de la Pac. Le risque qu’un cofinancement excessif de la Pac ne conduise à des distorsions de concurrence entre les Etats membres en fonction de leurs capacités budgétaires a été mis en avant par la présidence portugaise.
L’importance du développement rural a également été soulignée par les Italiens qui ont cependant insisté sur la nécessité de ne pas réduire trop fortement pour autant les fonds affectés au soutien des marchés. Pour contourner cette difficulté, le ministre italien de l’agriculture, Paolo De Castro, s’est dit prêt à étudier l’hypothèse d’un cofinancement obligatoire et limité pour les dépenses relevant du premier pilier.