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FILIÈRE VOLAILLE/TRAÇABILITÉ Les volailles fermières d'Auvergne s'offrent une traçabilité par l'image

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Après la démédicalisation des élevages, les volailles fermières d'Auvergne innovent avec une traçabilité par l'image. Sur les produits répondant au cahier des charges « bien-être au naturel », un QR code renverra à une vidéo de l'éleveur. Le projet, destiné à rapprocher les consommateurs de la production, a aussi des vertus fédératives au sein de la filière.

La filière des volailles fermières d'Auvergne, qui cumulent le label rouge et une IGP, a imaginé un moyen simple pour rapprocher producteurs et consommateurs ; en scannant un QR code sur l'emballage du produit, ces derniers accèderont à une vidéo de l'éleveur. « Ce n'est pas une vidéo générique, insiste Marc Saulnier, vice président du Syvofa (syndicat de défense des volailles fermières d'Auvergne) et directeur d'Arrivé Auvergne (LDC). Il s'agit d'une réelle traçabilité par l'image, puisque la vidéo sera celle de l'éleveur qui a produit cette volaille. » Déjà, en 2013, la filière avait innové avec la mise en place d'un cahier des charges « bien-être au naturel », qui exclut toute molécule de synthèse, des antibiotiques en passant par les produits pour nettoyer les élevages.

UN PROJET PORTÉ PAR ARRIVÉ AUVERGNE

Pour l'heure, seules certaines références de volailles fermières d'Auvergne abattues par Arrivé Auvergne et répondant au cahier des charges « bien-être au naturel » porteront ce QR code. « L'investissement dans le procédé d'impression des QR codes est significatif, et seul un abattoir de taille importante pouvait le porter », explique Marc Saulnier, dont la société représente près de 95 % des volumes de la filière. « Les abattoirs de plus petite taille sont très intéressés et vont travailler sur le projet, peut-être avec un QR code générique, dont la mise en œuvre sera plus accessible », poursuit-il. À la question d'éventuelles distorsions au sein de la filière, Marc Saulnier répond que la majeure partie des livraisons en GMS est assurée par Arrivé Auvergne, les autres abattoirs travaillant davantage pour des boucheries, au sein desquelles la traçabilité par l'image n'a pas la même importance. Dans la filière viande, Hénaff a déjà mis en place un projet dans le même esprit, en affichant le nom, et dans certains cas, la photo de l'éleveur, sur ses paquets de saucisses fraîches. Mais les volailles fermières d'Auvergne sont les premières dont le packaging renvoie vers une vidéo.

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FÉDÉRER LES ÉLEVEURS

Au-delà du lien avec les consommateurs, le dirigeant voit dans cette innovation un outil d'animation de la filière. « Les éleveurs ont tout de suite adhéré au projet, de même qu'ils ont été moteurs quand nous avons lancé la démédicalisation », explique Marc Saulnier. Après plusieurs années de croissance supérieure à celle du marché, les volailles fermières d'Auvergne ont marqué une pause en 2015, notamment parce que « les capacités d'élevage sont bien occupées ». Autrement dit, l'essor de la filière passera par le recrutement de nouveaux éleveurs, d'où l'importance de projets motivants pour ces derniers.

Sur les 320 producteurs que compte la filière volailles fermières d'Auvergne, 150 profiteront de la traçabilité par l'image. Le cahier des charges « bien-être au naturel » concerne la moitié de la production totale, qui s'est élevée à 7,7 millions de volailles mises en élevage en 2014. Outre les éleveurs, le Syvofa fédère six accouveurs (Auvergne poussins, Caringa, Socavic, Grimaud, Couvoir de Bourgogne et Boyé), quatre fabricants d'aliments (Sanders Centre Auvergne, Thivat N.A., Atrial et Soreal N.A), trois organismes de production (Force Centre, Socalim, et Atrial) et cinq abattoirs (Arrivé Auvergne, Allier Volailles, André Volaille, Sedivol, Maison Pouzadoux).