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L’État vend son patrimoine agricole et équestre

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Après le site du château de Thivernal-Grignon, un des fleurons du patrimoine agronomique français, c’est au tour de neuf des haras nationaux français d’être mis en vente. Sur plus d’une vingtaine de haras, seuls douze appartiennent à l’État. Outre Saint-Lô, l’État vend Compiègne (Oise), Lamballe et Hennebont en Bretagne, Saintes (Charente-Maritime), Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Tarbes (Hautes-Pyrénées), Gelos (Pyrénées-Atlantiques) et Auriac (Corrèze). Les biens ont été estimés à une quarantaine de millions par France Domaine. L’opération doit être bouclée « dans l’année », a précisé Christian Vanier, directeur général de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE). « On est dans une logique d’économies. Là où il y a un projet avec un équilibre financier acceptable pour l’établissement, on peut accepter de ne pas vendre. Là où il n’y a pas ça, on vend », a-t-il justifié. Pour le haras de Saint-Lô, dernière vente annoncée, l’IFCE a prévenu début mars les collectivités locales qu’elles avaient quatre mois pour faire une offre. Pour autant, la nouvelle ne surprend pas. Les Haras nationaux ont depuis plusieurs années du mal à justifier l’argent qu’ils coûtent à l’État. Le premier haras, celui du Pin, avait été créé par Colbert. Le cheval et sa sélection étaient à l’époque stratégiques pour les déplacements et la guerre. Aujourd’hui, il est devenu un loisir coûteux. « Nous avons besoin de cette vitrine pour mettre en avant la filière équine qui représente 5 000 emplois dans la Manche », argumente André Denot, président du Syndicat mixte qui gère le pôle hippique de Saint-Lô, lieu de nombreuses manifestations équestres. Le haras est jugé trop cher – 5 millions d’euros – pour être racheté par les collectivités. Du côté des emplois, Lionel Viel de la CGT (IFCE) prévoit une « destruction à petits feux des haras » et redoute la suppression d’au moins deux tiers des 120 à 130 emplois que comptent ces haras.

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