Abonné

Etude L’Europe se penche sur les zones de montagne

- - 4 min

Pour valider son choix de mieux définir l’appellation montagne, et notamment les conditions de production qui donneraient lieu à cette dénomination, l’UE a commandé une vaste étude* sur cette agriculture particulière.

L’agriculture de montagne est particulière, pour être uniquement définie par des contraintes géographiques, altitude et pente. Elle est particulière aussi pour être très diverse d’un pays de l’Union à l’autre, plutôt portée sur les cultures pérennes et l’élevage au Sud, sur les cultures annuelles au Nord. Particulière parce qu’elle pèse beaucoup, ou non, dans la production agricole du pays, jusqu’à plus de 38 % en Autriche à 1,42 % en Pologne. Elle est enfin particulière parce qu’elle est porteuse de grandes disparités à l’intérieur même des territoires nationaux, selon la taille des exploitations, forcément différentes de celles de plaine, parfois développées sur des surfaces plus restreintes (de la Bulgarie avec un ratio de 4,74 à la France, 1,18) ou inversement sur les surfaces plus importantes comme en Autriche (20,1 ha contre 18,6 en plaine ou en Slovaque avec 35,5 ha en montagne pour 25,3 ha en plaine). Globalement, les terres des montagnes européennes sont occupées par des prairies permanentes (59 %), les terres arables occupant 32 % de la SUA restante et les cultures pérennes 9 %.

Des marges resserrées

En termes de coût de production, les différences sont encore notables comme le révèle l’étude, qui a mis en jeu des mathématiques complexes pour essayer d’obtenir des séries de chiffres cohérentes. Si, globalement, les coûts de production sont supérieurs en montagne qu’en plaine, les prix des produits « départ exploitation » sont aussi plus élevés en montagne. Pour autant, les conduites plus légères en intrants en montagne permettent à certaines zones de réaliser de réelles prouesses. Six d’entre elles ont été passées au crible (Andalousie, Rhône-Alpes-PACA, Autriche, Émilie-Romagne, Roumanie et Slovénie). Le blé andalou est ainsi largement moins coûteux à produire en montagne qu’en plaine, -25 %, tout comme le blé autrichien -31,8 %, pays où l’orge, le maïs et les céréales en général sont moins dispendieux. À l’exception de la Roumanie, la production des fruits, de la viande et du lait est partout plus coûteuse, sauf, dans une certaine mesure, en Andalousie et en Slovénie. Au final, les marges sont globalement plus resserrées pour les exploitations de montagne dans lesquelles les gains de productivités ne sont pas forcément liées à la mécanisation.

Les consommateurs aiment l’authenticité

Du côté des consommateurs, l’image de la montagne est forte dans leur appréhension de la qualité des produits. S’ils n’associent pas forcément la provenance montagnarde avec une typicité particulière de goûts, les valeurs d’authenticité, de simplicité et de pureté sont mises en avant. S’il fallait une preuve de la pertinence marketing de cette appellation, les auteurs compilent une liste de marques mettant en scène la montagne, dans un cadre légal, comme en France, ou non. Ainsi, l’appellation montagne apparaît dans 31 % des marques déposées, Sierra dans 11 %, selon une étude menée sur 8 800 marques concernées. Ce qui suffit à justifier un cadre plus précis pour éviter, dans l’avenir, des usages abusifs de cette belle image. L’agriculture de montagne pèse 23 milliards d’euros à l’échelle européenne.

* Il s’agit précisément de l’étude « Labelling of agricultural and foodproducts of mountain farming » (2013), réalisée par Fabien Santini, Fatmir Guri, Sergio Gomez y Paloma  / JRC scientific and policy reports.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.