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Production bovine L’export, une solution au futur afflux de viande bovine, lié à la sécheresse

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La sécheresse va provoquer un afflux de viande sur le marché intérieur du fait de la décapitalisation des éleveurs allaitants. Face à ce phénomène prévisible, Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine, propose, entre autres mesures, l’ouverture d’une période de stockage. Il insiste également sur la création du GIE export, toujours en négociation en interprofession.

Du fait de la sécheresse, la décapitalisation s’amorce déjà chez les éleveurs de bovins. Ce constat est partagé par les professionnels et l’Institut de l’élevage. « En France, les abattages de femelles ont encore été abondants en mars. Avec 165 000 vaches et 41 000 génisses, ils surpassent respectivement de 5% et 2% leur niveau de 2010. Ces hausses d’abattage sont à mettre sur le compte du cheptel allaitant : les femelles de plus de 3 ans sont plus nombreuses que l’année précédente, et il est très vraisemblable que les éleveurs procèdent à des réajustements de cheptel à la baisse face aux difficultés de trésorerie et aux inquiétudes qu’engendre la sécheresse sur les disponibilités fourragères », avançait l’Institut de l’élevage dans sa Lettre de conjoncture lait et viande de mai. Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine, rapportait également le 17 mai que le nombre d’animaux affluant au marché au cadran d’Ussel avait été multiplié par 3 depuis une semaine. Pour lui, la sécheresse apparue dans un contexte économique de l’élevage peu reluisant va provoquer « a minima une décapitalisation chez les éleveurs de vaches allaitantes de l’ordre de 10%, voire de 20%. Cela représente près de 160 000 tonnes de viandes qui vont arriver sur le marché, alors que la consommation annuelle française est de 1,3 million de tonnes. »

Stockage et export pour maintenir les cours

La chute des cours semble inévitable alors que le prix de l’alimentation du bétail va rester à des prix élevés. La sécheresse n’est pas que française et les professionnels anticipent déjà des cours des céréales à des prix records. Dans une telle situation, la marge des éleveurs risque de se réduire à nouveau. Pierre Chevalier a déjà envisagé avec le ministère de l’Agriculture la possibilité d’un stockage de la viande comme cela s’est produit fin janvier pour le porc. Dans un communiqué de presse du 18 mai, la FNB demande précisément d’« ouvrir à Bruxelles une intervention publique exceptionnelle sur femelles et broutards pour stocker l’afflux et maintenir les cours ». Avec une consommation française toujours en chute libre selon le Kantar World Panel (-5,7% au 17 avril depuis 1 an), l’export aura également une influence non négligeable pour écouler cet afflux prévisible de viande sur le marché français. En effet, en jeunes bovins comme en broutard, l’export permet de maintenir un minimum les prix. L’Institut de l’élevage en fait d’ailleurs les gros titres de sa Lettre de conjoncture.

Vif et viande, l’export continue à tirer les marchés

En vif, « alors que les envois vers le Maghreb se sont effondrés (-65% au cours du seul mois de février) et que le débouché italien se referme (-12% sur un an, -16% sur un mois), les achats libanais de jeunes bovins gras ont progressé de 33% en un mois pour se porter à 4 200 têtes en février. [...] Tandis que les envois de viande congelée sont restés similaires à ceux de 2010, la Turquie a absorbé la moitié des 5 900 téc (tonnes équivalents carcasse) de viande réfrigérée supplémentaire expédiée par les opérateurs français. Les exportations intracommunautaires de viande fraîche ont aussi progressé, vers l’Italie (+ 800 téc), la Grèce et l’Allemagne (+ 1 000 téc chacun) », commente l’Institut de l’élevage. En broutard, « les expéditions vers les trois pays du Maghreb [Algérie, Tunisie, Maroc, ndlr] ont été en constante augmentation depuis le début de l’année, même si elles ne représentent encore que 1% du total des exportations françaises. » Côté italien, par contre, « la demande est mesurée et la pression sur les prix ne faiblit pas », analyse l’Institut de l’élevage. Face à ces résultats, Pierre Chevalier ne peut que remettre sur la table la question du GIE export. D’après lui, « il serait irresponsable » de ne pas aller au bout.

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