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L’inflation réglementaire et législative, premier défi de la viticulture

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Le vrai défi, ce n’est pas la compétitivité, c’est l’inflation réglementaire et législative, a indiqué la Confédération des appellations viticoles (Cnaoc), lors de sa journée en terre viticole destinée à ses interlocuteurs de l’administration et du Parlement, le 29 septembre. Les modifications de cahiers des charges des appellations ont perdu en souplesse tandis que les normes sociales sont plus coûteuses en temps, à travers les formalités, qu’en prélèvements sociaux.

« On entend beaucoup parler de la compétitivité comme étant le vrai défi. Visiblement, ce n’est pas le sujet, le problème c’est l’inflation réglementaire et législative », a déclaré Éric Tesson, bras droit du directeur de la Cnaoc, lors de la journée annuelle de l’organisation à Mâcon, au moment des vendanges.

« Dès qu’on veut changer une virgule, il faut passer par Bruxelles »

Les moindres modifications des cahiers des charges remontent à la Commission, or « il suffirait que seuls les éléments qui intéressent l’ensemble des opérateurs européens soient soumis à l’examen de Bruxelles », a développé Éric Tesson. La Cnaoc plaide pour que « ne soit pas renvoyé à la Commission ce qui n’a pas lieu de l’être », par exemple des modifications pour des cépages secondaires et régionaux dans les cahiers des charges. Certains amendements « ne regardent que l’environnement du cru ». « Là où l’on pouvait revoir les cahiers des charges avec une certaine souplesse, aujourd’hui, dès qu’on veut changer une virgule, il faut passer par Bruxelles », a résumé Jean-Michel Aubinel président de la Confédération des appellations viticoles de Bourgogne (CAVB).

De même, en France, la loi imposant une mutuelle complémentaire fait que, même pour quelques jours de vendanges, il faut des contrats de travail, rajoutant des formalités. « J’ai passé près d’une journée à faire les déclarations préalables à l’embauche, préparer les contrats de travail et les bulletins de salaires à mes 30 saisonniers », embauchés pour seulement un week-end de vendanges, a témoigné une jeune viticultrice. « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On va dans le sens inverse de l’apprentissage des jeunes, qui autrefois étaient embauchés massivement pour participer aux vendanges », a ajouté Jean-Michel Aubinel.

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L'inflation législative et réglementaire demeure le souci

L’essor du traitement à l’eau chaude des plants contre la flavescence dorée

En Bourgogne, le traitement à l’eau chaude des jeunes plants de vigne contre la flavescence dorée se développe. Cette maladie bactérienne de la vigne, véhiculée par un insecte, la cicadelle, fait des ravages notamment dans le vignoble bourguignon. Le Centre œnologique de Bourgogne de Davayé, en Saône-et-Loire, a commencé dès 2003 à mettre en place une installation de traitement des jeunes plants par immersion de ces derniers dans de l’eau à 45 degrés pendant 20 minutes. Depuis 2005, année de la montée en vitesse de croisière des cadences de traitement, le centre a traité ainsi 20 millions de plants. Le traitement à l’eau chaude permet de réduire l’emploi d’insecticides et entraîne un surcoût de 4 centimes par plants pour les pépiniéristes, avant livraison aux vignerons.