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Lin textile L’interprofession recommande une réduction des emblavements

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L’interprofession du lin textile recommande une réduction des semis pour 2004, après des emblavements records en 2003 et compte tenu d’un bon niveau des stocks.

Cipalin, le Comité interprofessionel pour la production agricole du lin préconise « à l’unanimité » une stagnation, voire une diminution des ensemencements en 2004, « afin de préserver la rentabilité de cette culture ».

Le marché a atteint son point d’équilibre, selon le Cipalin : l’abondance de l’apport de la récolte 2002 a permis une reconstitution du stock-outil en aval de la filière, les rendements en fibres longues de la récolte 2003 s’avèrent plus importants que prévus, la demande sur le marché des produits finis en lin semble atteindre un palier, la parité euro/dollar entraîne mécaniquement une érosion des prix. «Dans ces conditions, un apport excédentaire en 2004 risque de perturber cet équilibre et entraîner le marché vers une spirale à la baisse », prévient l’organisation interprofessionnelle, qui rappelons-le représente les producteurs de lin, les entreprises coopératives et industrielles du teillage.

Éviter de s’aventurer dans l’inconnu

Le nombre d’hectares en 2003 est arrivé à un record, à 76 000 hectares. La moyenne de ces dix dernières années était de 55 000 hectares. « On ne peut pas accroître les surfaces de 15% tous les ans. Continuer ainsi serait s’aventurer dans l’inconnu », commente Jean-Pierre d’Arras, président du Cipalin et des teilleurs privés. L’habillement, qui est le premier débouché du lin (70%), bénéficie d’une conjoncture particulièrement favorable au lin. Depuis sept campagnes, le lin est à la mode. Les professionnels étaient habitués à des cycles de quatre ans : une année bonne, deux années moyennes et une année médiocre. Or, « on perçoit un essoufflement de la demande », signale M. d’Arras. L’« appétit » des filateurs et des tisseurs en aval est moins aiguisé parce que les stocks se reconstituent, après la petite récolte de 2001.

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La Chine, avec des coûts de filature et de tissage bas, a contribué fortement à l’engouement pour le lin. Or, ce pays tente de gros efforts pour la culture du lin, avec des échecs agronomiques répétés, certes, mais une opiniâtreté à moins dépendre des approvisionnements européens.

La production européenne, qui est principalement le fait de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, est passée d’environ 60 000 tonnes de lin à 100 000. Le prix moyen du lin teillé s’est établi à 1,77 euro le kilo depuis le début de la campagne, en recul de 10% par rapport à la campagne précédente, selon l’Association générale des producteurs de lin.

Les nouvelles utilisations en progression

De nouvelles utilisations du lin textile existent depuis moins de dix ans : outre la fabrication de paquets pour la poste, la papeterie et les sacs, une utilisation du lin se développe : les étoupes de lin remplacent peu à peu la fibre de verre et le polypropylène dans les parties intérieures des portières de voitures, dans les médaillons textiles des accoudoirs dans les autos, dans les tablettes arrières et les pavillons de toits d’automobiles. Alors qu’il y a cinq ans, cette utilisation ne représentait que dix tonnes par an, elle représente 250 tonnes par an maintenant, d’arpès Christophe Choef, responsable de production chez Technilin SA, société située en Normandie près d’Yveteau (Seine-Maritime). Pour ce nouveau débouché, on utilise les étoupes, c’est-à-dire le co-produit du lin textile (la partie basse de la tige).