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L’ozone, une solution pour hygiéniser les silos de grains de céréales

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L’applicateur mis au point par le constructeur français Stolz est couplé à un générateur d’ozone. Crédits : © Aussenac

Recourir à l’ozone pour désinsectiser les silos de grains : l’idée n’est pas nouvelle, mais la technologie, pour une utilisation à grande échelle, est en cours d’ajustement. Le projet Parhy se donne trois ans pour y parvenir.

Lancé officiellement en début d’année pour une durée de trois ans, le projet Parhy (Projet d’application d’ozone régulé pour l’hygiénisation céréalière) entre, avec la réception de sa première récolte en ce mois de juillet, dans sa phase d’expérimentation industrielle. « L’enjeu : optimiser le process pour qu’il soit efficace à moindre coût, rappelle d’entrée Thierry Aussenac, directeur de recherche à UniLaSalle Beauvais, l’un des partenaires du consortium (1). L’ozone est un oxydant puissant. Ses fonctions d’hygiénisant ne sont pas nouvelles : elles ont déjà fait leurs preuves en industrie agroalimentaire par exemple.  « En revanche, ce qui est innovant avec Parhy, c’est le procédé qui, à terme, se veut reproductible à grande échelle sur tous les silos des organismes stockeurs qui souhaiteront l’utiliser. »

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Au cœur du process innovant, l’applicateur mis au point par le constructeur français Stolz, qui sera couplé en amont à un générateur d’ozone. « Ce générateur transforme l’oxygène, ici de l’oxygène liquide, en ozone via une décharge électrique, d’après le procédé Corona : les deux atomes d’oxygène sont dissociés pour se réagréger par trois, pour former l’ozone (O3). Ce mélange gazeux est alors propulsé, dans une enceinte contrôlée, l’applicateur, au travers des cases de stockage des grains pour un traitement homogène de la matière. L’ozone gazeux, instable en conditions naturelles, finit à terme par se décomposer en oxygène. Cette réaction a donc un très faible impact environnemental. » À l’heure où les contraintes réglementaires et les restrictions d’usage se multiplient autour des insecticides chimiques de stockage, trouver des alternatives devient une obligation pour la filière céréalière. 

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Industrie agroalimentaire
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Déploiement national prévu pour 2026

Le site choisi, le silo de Moislains de l’Urap (Union régionale Artois Picardie), dans la Somme, possède une capacité de stockage de 85 000 tonnes. Y seront tour à tour stockés des céréales et des oléo-protéagineux. « L’occasion de valider le temps d’exposition nécessaire pour maîtriser la qualité sanitaire de ces cultures, précise-t-il. La cadence de traitement, de 30 tonnes par heure actuellement, devrait, à terme, passer à 100 t/h. »

Soutenu par le Programme d’investissements d’avenir et le plan de relance, le projet s’est vu attribuer une subvention de 2,8 millions d’euros par Bpifrance. Si les coopératives et négoces partenaires devraient être les premiers à profiter de cette innovation, un déploiement national est déjà prévu en 2026, avant une ouverture au marché à l’international, à l’horizon 2028.

(1) Le consortium réunit le constructeur de matériel Stolz, UniLasalle, La coopérative agricole des Hauts-de-France et l’Urap, l’Union régionale Artois Picardie qui réunit trois coopératives (Unéal, Nat’Up et Cérésia) et le négoce Ternovéo.