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Syndicats L’Union internationale des syndicats dénonce la répression des travailleurs

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La répression qui s’exerce à l’encontre des travailleurs dans le monde a été au cœur de la troisième conférence de l’Union internationale des syndicats (UIS) des travailleurs de l’agriculture et de l’alimentation qui a rassemblé 150 délégués de 119 organisations représentant 82 pays, du 22 au 24 juin à Paris. Elle est de plus en plus violente et pousse paysans et travailleurs à s’organiser.

«Lors de cette conférence, nous avons débattu de l’organisation des petits producteurs, des populations indigènes et des travailleurs du secteur », a expliqué Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (FNAF) CGT, qui est membre de l’UIS.
« Il y a eu à la tribune 80 interventions de tous les continents qui ont mis en cause la gestion de l’agriculture par des groupes et des trusts internationaux ainsi que par des Etats », a poursuivi le secrétaire général de la FNAF.
« Elles ont expliqué les méfaits pour l’alimentation des populations, leur accès à l’eau, mais également l’éducation, la santé… d’une spéculation sur les terres et d’une recherche de profit à tout prix », a-t-il ajouté.
L’Union syndicale a dénoncé l’accaparement des terres par des capitaux souvent étrangers, provoquant une perte de souveraineté alimentaire des populations rurales et un accès à l’eau de plus en plus difficile. Elle a condamné la répression très forte contre les paysans qui s’opposent aux expulsions de ces terres ainsi que contre les travailleurs qui s’opposent aux conditions de travail difficiles dans les exploitations d’agriculture intensive. Cette répression va jusqu’à l’assassinat. Selon l’UIS, une cinquantaine d’opposants du secteur agricole et agroalimentaire ont été assassinés ces dernières années dans le seul Etat de Colombie.

OGM, biocarburants et produits subventionnés

Les intervenants ont encore regretté que les entreprises internationales profitent de l’absence de législation sur les OGM dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie pour y réaliser des expérimentations ou des productions à grande échelle. Ils ont encore dénoncé l’utilisation de terres traditionnellement dédiées aux cultures vivrières, pour produire des biocarburants.
Ils ont critiqué l’arrivée de produits subventionnés sur les marchés, en provenance d’Europe notamment, encore aujourd’hui, qui continuent de perturber les productions locales alors que, dans le même temps, ces pays ne peuvent soutenir leur agriculture sans alourdir leur dette.
Tous ces changements sont de nature à provoquer la malnutrition et la famine et à générer des conflits et des guerres, a prévenu l’UIS.
Le cas du la Côte d’Ivoire a été cité en raison de l’effet de la guerre sur l’économie agricole.
« Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, le prix du cacao est passé de 1200 francs CFA à 150 francs CFA le kg, sans raison pour expliquer un tel décalage », a déclaré Aliou Ndiaye, le nouveau président de l’Union internationale des syndicats.
Les intervenants ont placé leur espoir dans l’organisation et la structuration d’une résistance internationale, dans les liens et les soutiens qui se développent entre les militants des différents pays. Mieux structurés, les membres de l’UIS parviennent à s’inviter dans les instances que sont la FAO et l’Organisation internationale du travail (OIT) pour faire entendre la voix des travailleurs, précise encore Jean-Luc Bindel.
La troisième conférence de l’Union internationale des syndicats (UIS) était une conférence élective. Ont été élus lors de cette conférence, le président de l’Union internationale des syndicats, Aliou Ndiaye (Sénégal) ; le secrétaire général de l’UIS, Julien Huck (France) et la responsable de la commission « femmes », Souad Mahnoud (Tunisie).

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