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Macron ébauche le programme du prochain quinquennat

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Lors de l’inauguration du Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a évoqué l’Ukraine, mais il a aussi, pour la première fois, ébauché les pistes des mesures qu’il pourrait déployer durant un éventuel second quinquennat. Avec un accent sur l’installation, qui réjouit les Jeunes agriculteurs, mais dont se méfie déjà la Confédération paysanne.

« Nous avons encore beaucoup de chantiers », a reconnu le président de la République le 26 février lors de l’inauguration du salon. Sans être officiellement déclaré candidat, Emmanuel Macron a dévoilé pour la première fois, sur le ring du grand hall dédié aux animaux, ses pistes pour un éventuel second quinquennat.

Principale mesure, « un grand texte d’orientation et d’avenir agricole », visant 20 000 installations de jeunes par an contre 14 000 actuellement. Un texte qui pourrait « renforcer la formation », faciliter les investissements dans le numérique, mais aussi inventer « des systèmes de portage pour faciliter l’installation ». « Nous serons au rendez-vous du renouvellement des générations », a assuré le président.

Emmanuel Macron envisagerait également, dans le sillage des antibiotiques, d’affronter les distorsions de concurrence « sur chacun des points, dès qu’une injustice s’installe ». Appelant distributeurs et industriels à « la responsabilité » dans le cadre d’Egalim 2, et rappelant le renforcement des contrôles, le président souhaiterait enfin poursuivre « le combat de la juste rémunération ».

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Les syndicats partagés

Sur la loi d’orientation, Samuel Vandaele, président des Jeunes Agriculteurs, salue auprès d’Agra Presse « un très bon signe » sur l’installation et le renouvellement des générations. Issu de discussions avec l’Élysée dans les dernières semaines, ce projet pourrait selon lui « rassembler beaucoup de propositions portées par les JA ».

« C’est quasiment une déclaration de candidature », estime de son côté la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. Le prolongement du dispositif TO-DE souhaité par Emmanuel Macron, souligne-t-elle, sera d’ailleurs « clé pour embaucher les saisonniers ». Le portage foncier, rappelle par ailleurs Henri Bies-Péré, vice-président de la FNSEA, est l’un des chantiers en cours de la FNSafer, qui termine actuellement les discussions entamées en fin d’année dernière.

Si la Confédération paysanne se félicite aussi de l’accent mis par le chef de l’État sur l’installation, elle doute en revanche de la trajectoire proposée. « Comment peut-on faire à la fois une Pac qui reste identique, un plan France 2030 centré sur la génétique, la robotique et le numérique qui va rendre les paysans plus dépendants, et croire en même temps qu’on va installer plus de monde ? », s’interroge Nicolas Girod. Pour lui, la loi d’orientation devra donc remettre en cause les aides à l’hectare, ainsi que la concentration du foncier.

« C’est quasiment une déclaration de candidature »