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Madrid planche sur le temps de travail, l’agriculture inquiète

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En Espagne, le Smic augmente aussi depuis 2018. Un projet de loi sur le temps de travail est discuté depuis le 22 juillet au Cortés, qui inquiète le secteur agricole.

De l’autre côté des Pyrénées, c’est la perspective d’une forte réduction du temps de travail qui inquiète en ce moment l’agriculture espagnole. En février, le gouvernent a adopté un projet de loi visant à baisser la durée légale du temps de travail de 40 heures à 37,5 heures par semaine, sans perte de salaire. La réforme prévoit une mise en œuvre progressive, avec une généralisation au 1er janvier 2026. Il concerne aussi le temps partiel : les contrats hebdomadaires de 37,5 heures ou plus seraient automatiquement convertis en contrats à temps plein, alors que ceux inférieurs à cette durée demeureraient, mais avec un salaire ajusté ; 12,5 millions de salariés espagnols seraient concernés. Et l’impact le plus important serait enregistré dans les secteurs de l’hôtellerie, la restauration et de l’agriculture.

Les réactions du secteur ne se sont pas fait attendre. La Coordination agraire (COAG), syndicat majoritaire, espère une adaptation par secteur : « La loi générale (devrait) prévoir la flexibilité des horaires de travail dans les conventions agricoles, tant sectorielles que provinciales. » La fédération des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Fepex) s’inquiète : « La réduction du temps de travail entraînera une perte de compétitivité et affectera l’emploi dans un secteur où la main-d’œuvre représente jusqu’à 45 % des coûts de production. ». Elle rappelle que cette réforme intervient alors que le salaire minimum a augmenté de 54 % depuis 2018 : « Il est impossible de répercuter les coûts sur les prix pratiqués par les distributeurs, face à la concurrence hors UE dont les coûts de main-d’œuvre sont bien inférieurs. » De son côté, Asaja (jeunes agriculteurs) s’oppose à l’obligation d’un enregistrement obligatoire du temps de travail, « difficile à respecter dans de nombreuses zones rurales en raison du manque de connectivité ».

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Un parcours parlementaire délicat

L’avenir de ce texte de loi se joue au Cortés, le parlement espagnol. Sa discussion a commencé le 22 juillet à l’occasion d’une session extraordinaire. Cela ne sera pas de tout repos : la coalition socialiste-gauche radicale au pouvoir qui n’a pas de majorité assurée, ne dispose pas de tous les soutiens nécessaires. Selon la presse espagnole, le gouvernement pourrait accepter toute une série d’amendements pour adoucir le texte, visant principalement les petites entreprises (donc l’agriculture). La Fepex a déjà exprimé ses doléances : augmentation du nombre d’heures supplémentaires, réglementation particulière au secteur concernant la modulation irrégulière des journées de travail prévu dans le projet de loi.

La dernière réduction du temps de travail remontait à 1983