La météo hors norme de 2015 s’est traduite en maïs fourrage par des rendements hétérogènes mais une qualité souvent préservée, a indiqué Arvalis le 24 novembre. Des pertes importantes sont relevées notamment à l’est d’une ligne entre les Ardennes et La Rochelle.
La production de maïs fourrage a été durement touchée par la chaleur et la sécheresse. Les rendements obtenus varient de 6 à 22 tonnes par hectare, sans compter les graves sinistres. Une grande variabilité est observée d’une région à l’autre. Les pertes de rendement apparaissent limitées à l’Ouest (-10 à -30 % par rapport à la moyenne 2010-14), de la frontière belge aux Pays de la Loire, et beaucoup plus importantes à l’Est (jusqu’à -50 voire -70 %), depuis la Champagne-Ardenne jusqu’au Limousin et en Rhône-Alpes. Même au sein des régions, les différences sont notables. Les transferts de maïs grain en maïs fourrage se révèlent élevés, atteignant environ 70 000 hectares.
Une digestibilité record
La qualité est jugée très bonne à l’ouest d’une ligne entre les Ardennes et La Rochelle, avec une composition chimique assez proche de celles des années précédentes. Pour autant, la teneur en amidon paraît légèrement inférieure (29,7 %) alors que la digestibilité enzymatique est historiquement forte. Les valeurs énergétiques ressortent à des niveaux très élevés, avec 0,93 UFL (unités fourragères lait) en moyenne, et les valeurs d’encombrement sont particulièrement basses à 0,94 UEL (unités d’encombrement lait). Les teneurs en MAT (matière azotée totale) grimpent légèrement par rapport à l’an dernier (avec un effet de « non-dilution » lié à des rendements et des taux de matières sèches très faibles), soit +2,5 g de PDI (protéine digestible dans l’intestin, permise par l’azote ou l’énergie) par kilo de MS (45 g de PDIN et 65 g de PDIE).
L’analyse de fourrage « incontournable »
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À l’est d’une ligne entre les Ardennes et La Rochelle, le maïs fourrage présente des compositions chimiques très variables. La teneur moyenne en matière sèche ressort à 33,6 % mais avec une grande dispersion : 95 % des échantillons affichent entre 28,8 % et 38,4 %. Si la teneur en amidon atteint une moyenne de 28,3 %, l’écart type est de huit points. Les valeurs alimentaires sont bonnes et meilleures qu’en 2014 mais Arvalis pousse à réaliser des analyses de fourrage. « L’analyse de fourrage, incontournable, permettra de situer le niveau de valeur énergétique et azotée de tels maïs », a souligné en conférence de presse Alexis Férard, ingénieur zootechnicien.
« Gare aux stocks »
« Attention aux stocks en silo qui vont fondre plus vite » en raison d’une forte ingestibilité du maïs fourrage cette année, a insisté Alexis Férard, notant les premiers retours d’éleveurs sur « une hausse de la production laitière de 1 à 3 kg en moyenne ». D’autant plus que la récolte est chiffrée en baisse de 3 t/ha par rapport à 2014, les pertes pouvant aller jusqu’à 70 %. Les densités de silos ressortent plus faibles que d’habitude. Il convient de bien évaluer les tonnes de matière sèche et d’acheter rapidement des fourrages ou coproduits pour éviter toute rupture de stock jusqu’à la prochaine récolte.
Dans le cas de maïs avec peu d’amidon, Arvalis met en garde sur un tassement souvent moins bon que les années précédentes. Le risque, avec une moindre densité des silos, est d’avoir plus d’air dans la masse du fourrage. « La stabilité à l’ouverture sera moins bonne que d’habitude », d’après Arvalis.