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Maïs : un objectif de 10 000 exploitations certifiées HVE en 2025

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L’AGPM (maïsiculteurs) a présenté un plan stratégique prévoyant, entre autres, 10 000 exploitations sous certification environnementale de niveau 3 (HVE) en 2025.

Présenté lors de son assemblée générale le 13 novembre, le plan de l’AGPM (maïsiculteurs) s’articule autour de trois axes : les « pratiques durables » et la certification HVE (niveau 3 de la certification environnementale), la compétitivité de la filière, la création de valeur ajoutée, a détaillé le président Daniel Peyraube. Il s’agit d'« emmener le plus de producteurs en HVE 3 », d’après le secrétaire général Franck Laborde, avec un objectif en 2025 de 10 000 exploitations certifiées (sur un total de 100 000 en maïs d’après le ministère de l’Agriculture). Une quinzaine ont déjà été auditées par l’AGPM, afin d’identifier les points d’amélioration. L’an prochain, une cinquantaine d’exploitations seront sélectionnées à l’échelle nationale pour les hisser jusqu’à la certification environnementale.

Modifier le cahier des charges

L’AGPM attend une évolution du cahier des charges, qu’elle juge « pas adapté au maïs ». « C’est aberrant de voir que le cahier des charges de la HVE 3 ne valorise pas le fait que le maïs est la grande culture nécessitant le moins de phytos », a noté Franck Laborde. Et de réclamer aussi une reconnaissance de la certification environnementale dans le Plan stratégique national sur la Pac. « Je vais tout faire pour que la HVE 3 soit reconnue dans la future Pac » via les « Eco-schémas », a répondu Didier Guillaume. Un discours bien accueilli par les quelque 650 congressistes réunis à Toulouse. Moins lorsque le ministre a évoqué deux critères à atteindre pour obtenir la certification : avoir des infrastructures agroécologiques comme des haies, ce qui lui semble « assez facile », mais également tendre vers 30 % d’intrants en moins. Des murmures ont alors retenti dans la salle.

Stockage du carbone

L’AGPM s’intéresse également aux « nouveaux services sociétaux et leur rémunération ». Elle vise un million de crédits carbone à l’horizon 2025. Exemple mis en avant, celui de Nataïs, le spécialiste du pop-corn avec 50 000 t de maïs à éclater produit sur 7 000 ha. « On a une cinquantaine d’exploitations pilotes grâce auxquelles, dans deux ou trois ans, on espère avoir un calcul fiable du carbone stocké dans le sol », a indiqué le président de l’entreprise gersoise Michaël Ehmann. Depuis 2016, Nataïs encourage l’utilisation de couverts végétaux, un moindre travail du sol. Le carbone ainsi stocké peut être mesuré. Et à terme, une rémunération de l’agriculteur est prévue : « 60 à 80 euros la tonne de carbone capté. » Encore faut-il valoriser la démarche auprès du consommateur. L’entreprise affirme y travailler avec les grandes surfaces.

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Création de valeur dans les territoires

Autre axe du plan stratégique de l’AGPM, la création de valeur ajoutée. C’est ce que réalise Limagrain. Le président de la coopérative auvergnate Pascal Viguier a expliqué comment un programme de recherche a été mis en place sur du maïs destiné au corn flakes. Avec un débouché local puisque l’usine Brueggen, située dans la plaine de la Limagne, assure la transformation. Quelque 9 000 ha de maïs chez Limagrain sont consacrés à la semoulerie. Les agriculteurs coopérateurs en obtiennent une prime variétale de 20 à 30 euros la tonne. D’autres filières existent à l’échelle locale. L’AGPM veut les multiplier. « Nos administrateurs travaillent en lien avec les entreprises pour identifier des segments de marché capables d’absorber du maïs local », a signalé Franck Laborde. La création de valeur passe donc par des débouchés de proximité. « Si on reste sur le marché mondial, nos comptes d’exploitation vont se dégrader », a-t-il considéré.

Stockage de l’eau

Au chapitre de la compétitivité, l’AGPM intègre notamment le stockage des ressources en eau. Sujet qui soulève encore de nombreuses attentes côté producteurs. L’un d’eux a même interpellé Didier Guillaume en tribune, à propos de l’emblématique dossier Sivens (Tarn). « On est en train d’aboutir », lui a assuré le ministre. « Ce dossier (Sivens, NDLR) va sortir dans les semaines qui viennent ». D’après lui, s’il existe des blocages par endroits, « ce n’est pas que de la faute des préfets » : « Les projets ne sont pas tous ficelés » convenablement. Didier Guillaume voit aboutir « 30, 40, 50 projets dans l’année ou les 18 mois à venir », ayant pour cela envoyé des consignes aux préfets.

1 million de crédits carbone à l’horizon 2025