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Manifestations : la fronde agricole se poursuit dans l’UE

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En Espagne, en Italie, en Bulgarie, et toujours aux Pays-Bas, les protestations du secteur agricole se poursuivent. Partout, le prix des carburants, les normes environnementales et la complexité de la Pac sont décriés.

Après la France, le mouvement de protestation agricole se poursuit en Europe. En Espagne, devenue l’épicentre de la contestation, le Premier ministre, Pedro Sanchez, a promis le 7 janvier d’améliorer la loi réglementant les relations entre distributeurs et agriculteurs afin d’empêcher que les agriculteurs espagnols ne vendent leurs produits à perte mais aussi de simplifier la mise en œuvre de la Pac. En effet, les manifestations d’agriculteurs se sont accentuées et ont gagné l’ensemble du pays, et les routes de plusieurs régions ont été bloquées par des tracteurs, notamment en Castille-la-Manche (centre), Andalousie (sud) et Catalogne (nord-est) mais aussi en Castille-et-Leon (centre), dans la région de Valence (Est) et dans les Asturies (Nord). Les agriculteurs espagnols mettent en cause notamment la complexité de la nouvelle Pac mais également des normes trop contraignantes, des prix trop bas et une concurrence jugée déloyale des produits étrangers importés dans l’UE. Les trois principales organisations agricoles – Asaja, Coag et UPA – ont d’ores et déjà appelé à de nouvelles actions.

Suppression des taxes sur le carburant et moins de normes écologiques

Parallèlement, aux Pays-Bas, des agriculteurs ont manifesté le 5 février, en bloquant des autoroutes et allumant des feux d’artifice. Au même moment, en Italie, des agriculteurs ont rejoint en tracteurs Rome mais aussi Turin. Comme leurs homologues européens, les agriculteurs transalpins réclament une juste rémunération, la suppression des taxes sur le carburant et moins de normes écologiques. À ces revendications, s’ajoutent aussi une demande de revalorisation du prix du lait et un meilleur contrôle de contrôle des espèces nuisibles, notamment des sangliers. Enfin, le mouvement s’est étendu à l’Est, en Bulgarie, où des agriculteurs dénoncent les importations ukrainiennes, les conditions précaires et les normes écologiques européennes qu’ils estiment démesurées. En réponse, le Premier ministre, Nikolay Denkov, s’est engagé à débloquer une aide et à entamer un dialogue avec la Commission européenne.

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Lire aussi : Manifestations agricoles : la mobilisation s’étend jusqu’au Sommet européen

Au Parlement européen, un nouveau débat s’est tenu à Strasbourg, le 7 février, sur le besoin d’assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les principaux groupes politiques se sont renvoyé la responsabilité de la crise que traverse le monde agricole. À droite, le groupe PPE a critiqué les propositions sur la restauration de la nature ou les pesticides. La Française Anne Sander prônant une pause dans les réglementations environnementales, des clauses miroirs sur les produits importés et une simplification des règles de la Pac. À gauche, les Sociaux-démocrates et le Verts mettent l’accent sur la nécessité de réformer la Pac. Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a promis que le Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture qui vient d’être lancé permettrait de trouver « tous ensemble » des solutions concrètes.