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Société des agriculteurs de France Mariann Fischer Boel : « Oubliez les assurances revenu ! »

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« Il faut oublier les assurances destinées à soutenir le revenu des agriculteurs », a déclaré Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l’agriculture, à l’occasion de l’assemblée générale de la Saf (Société des agriculteurs de France) à laquelle elle était invitée, le 10 juin, avec le ministre français Michel Barnier. Répondant à une question de la salle, elle a estimé que les Américains devraient eux-mêmes remettre en question leur système d’assurance revenu soutenu par l’État en cas d’accord à l’OMC.

L’Europe ne financera pas une assurance revenu pour les exploitants en remplacement d’une disparition de la gestion des marchés. Tel est le message qu’a voulu transmettre la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, en répondant à une question de participant à l’assemblée générale de la Saf, le 10 juin.

Selon la commissaire européenne, le bilan de santé de la Pac devrait cependant permettre de dégager des fonds (art. 68 de la Pac) pour aider au développement d’assurances contre les aléas climatiques ou contre les risques sanitaires du bétail. À ceux qui s’inquiètent de voir les Américains renforcer leurs soutiens aux « farmers » alors que l’Europe fait l’inverse, elle répond qu’en cas d’accord à l’OMC, les États Unis devront revoir à la baisse leur Farm Bill, remettant en cause notamment les aides contra-cycliques. En tout cas, « le système d’aide au revenu pratiqué aux États-Unis ne peut pas marcher en Europe », a affirmé la commissaire. Elle a aussi voulu convaincre les congressistes de la Saf que « les quotas laitiers n’ont plus d’avenir » et que la Commission européenne a choisi une voie médiane raisonnable en proposant une hausse de 1% de ces quotas chaque année.

Modulation

Après avoir décrit par le menu ses propositions dans le cadre du bilan de santé de la Pac, Mariann Fischer Boel a également minimisé l’impact de la hausse proposée de la modulation (transfert de budget du 1 er vers le 2 e pilier) : « Notre projet est modeste, a-t-elle dit, et ne va pas créer les mêmes problèmes qu’un plafonnement des aides ». Cette modulation renforcée suscite cependant l’opposition de bon nombre de pays européens comme en témoignaient des représentants de plusieurs pays (Grande Bretagne, Irlande, Autriche, Allemagne, Lituanie) invités à une table ronde de la Saf.

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En ce qui concerne la réforme sucrière et les conséquences possibles d’un accord à l’OMC, Mariann Fischer Boel a affirmé qu’elle s’oppose à l’inscription du sucre sur la liste des produits sensibles ou tropicaux. Elle reste attachée à la mise en œuvre possible d’une clause de sauvegarde, voire de restitutions si l’Europe devait accepter un quota supplémentaire d’importation. De fait, la commissaire européenne apparaît bien consciente des problèmes nouveaux qui pourraient se poser à la filière sucre européenne dans l’éventualité d’un accord tel qu’il se présente à l’OMC aujourd’hui.

Autonomie énergétique

Pour sa part, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a affirmé qu’il souhaite « réintroduire la question énergétique dans le bilan de santé de la Pac ». Il venait d’ailleurs d’écrire à Mariann Fischer Boel pour lui demander d’affecter des fonds à la réduction de la facture énergétique de l’agriculture « Il faut dégager les moyens pour renforcer l’autonomie énergétique des exploitations, déclarait-il en rappelant le dispositif d’audit énergétique de 100 000 exploitants qu’il avait annoncé la veille. Il insistait également sur la nécessité de maintenir un système de prévention des crises dans le cadre de la Pac. Très volontariste sur cette politique, Michel Barnier se faisait lyrique, présentant la Pac comme un élément constitutif de la puissance européenne, fustigeant ceux qui ne croient qu’au libre-échange « qui ne doit pas être la seule règle ».