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Pommes de terre McCain renforce la contractualisation avec ses producteurs de pommes de terre

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L’industriel agroalimentaire Mc Cain renforce la contractualisation avec ses producteurs, en ouvrant une formule de contrats sur trois ans. Cette extension du système de contractualisation de la firme canadienne a été présentée le 21 septembre lors d’une journée organisée dans la Marne par l’Association française des journalistes agricoles (AFJA) et par McDonald’s, partenaire privilégié de Mc Cain.

Mc Cain, leader européen de la pomme de terre transformée, a étendu son système de contractualisation avec ses producteurs, en ouvrant une formule de contrats sur trois ans, en plus des contrats annuels et bi-annuels qui existaient jusque là. L’objectif est de réguler les prix de la pomme de terre, production spéculative.

La contractualisation joue la prolongation
Les contrats annuels sont pratiqués depuis près de 30 ans entre l’industriel canadien et ses fournisseurs agriculteurs. En 1998, une première initiative de contractualisation sur deux années a été mise en œuvre. De 2005 à 2009, Mc Cain a atteint progressivement près de la moitié de ses approvisionnements en contrats pluriannuels. En 2010, les contrats pluriannuels peuvent être prolongés d’une année supplémentaire. « À l’heure actuelle, plus de la moitié de nos contrats sont annuels, et la tendance est d’augmenter la proportion des pluriannuels qui représentent déjà plus du tiers des contrats pommes de terre », a indiqué Alexandre Testu, responsable commercial chez Mc Cain chargé des relations avec McDonald’s. Toutes les frites achetées par la chaîne de fastfoods américaine sont issues de productions contractualisées avec Mc Cain pour assurer une traçabilité optimale.

Le mécanisme
Le principe de la contractualisation Mc Cain est le suivant, a expliqué Marcel Leherle, agriculteur de 120 hectares dans la Marne, dont 14 hectare de pommes de terre : pour chaque hectare contractualisé, 35 tonnes le sont à prix fixe, 5 (à 10) tonnes selon un mécanisme de mini-maxi et (5 à) 10 tonnes au prix du marché. Soit 50 tonnes par hectare. Le mini-maxi est un système qui apporte une dose de flexibilité pour que, le producteur puisse bénéficier des hausses de prix du marché, ce qui est le cas en ce moment de nervosité des cours de la pomme de terre… ou que l’industriel puisse profiter de la détente des prix, ce qui était le cas l’an dernier.
Pour définir les fourchettes de prix mini-maxi, une commission entre Mc Cain et son groupement de producteurs se réunit tous les jeudis et calcule une moyenne de prix, à partir des cotations françaises, belges et néerlandaises. Le principe du mini-maxi est que lorsque le prix de marché est inférieur au minimum, c’est le minimum qui s’applique. Lorsque le prix de marché est supérieur au maximum, c’est le maximum qui s’applique. Cela pour écrêter les écarts de prix.

Une production et des prix très variables
L’objectif de la contractualisation renforcée chez l’industriel Mc Cain est de réduire la volatilité des prix de la pomme de terre, une production qui est très spéculative. Ainsi la tonne de pommes de terre sur le marché à terme de Hanovre, qui valait 180 à 190 euros fin août, vaut fin septembre 240 euros. Le rendement moyen français est passé de 60 tonnes/hectare en 2009 à 46-47 cette année. « D’une part nous avons besoin de sécuriser nos approvisionnements, d’autre part le système de contractualisation nous permet d’établir un partenariat durable avec les producteurs de pommes de terre, qui de ce fait peuvent investir dans leur exploitation », a expliqué Alexandre Testu.
Pour les producteurs, la rentabilité de la pomme de terre est un pari : sa marge à l’hectare peut être le double de celle du blé, mais elle nécessite trois à quatre fois plus d’heures de travail à l’hectare, a précisé Marcel Leherle.

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