Abonné

Mobilisation de la filière du cognac face à la menace de taxes chinoises

- - 2 min

Plus de 500 vignerons et producteurs de cognac ont manifesté, le 17 septembre, contre la menace de surtaxes chinoises sur les eaux-de-vie de vin européennes, refusant de faire les frais du bras de fer entre Bruxelles et Pékin sur les voitures électriques. « T’chine, T’chine, le Cognac trinque », « Barnier courbe l'(é)chine », « Sacrifiés », pouvait-on lire sur des banderoles du cortège parti du siège de l’UGVC (viticulteurs), à l’origine de la manifestation, ralliée par d’autres acteurs de la filière, dont les maisons de négoce. « Nous n’accepterons pas d’être sacrifiés », a déclaré Anthony Brun, président de l’UGVC (viticulteurs). Fin août, Pékin a dit avoir trouvé des preuves de dumping en excluant « pour le moment » d’imposer des droits de douane aux « brandys » européens.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

Selon le BNIC (interprofession), des taxes additionnelles, de l’ordre de 35 % en moyenne, pourraient s’appliquer. À ce niveau, « on sera amenés à disparaître du marché chinois, qui absorbe un quart des exportations de l’eau-de-vie charentaise, ça on ne peut pas l’accepter », assène M. Brun. « On est pris en otage et sacrifiés au profit des véhicules chinois. C’est tout simplement insupportable », renchérit Florent Morillon, président du BNIC, qui veut en faire « le premier dossier » du futur gouvernement Barnier. « On n’a pas de porte de secours. Si l’Europe ne nous suit pas, on est mort », abonde Rodolphe Texier (JA de Charente), redoutant des licenciements dans toute la filière. L’appellation qui regroupe 4 400 exploitations, 120 bouilleurs de profession, 270 négociants, et qui représente 15 000 emplois directs, 70 000 indirects, souffre déjà d’une chute des expéditions (-22 % en volume en 2023) et a drastiquement réduit la surface autorisée pour les nouvelles plantations de vignes, après plusieurs années fastes.

« Nous n’accepterons pas d’être sacrifiés »