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Viticulture Morosité dans l’Europe, crise en France

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Le contexte est lourd en France et en Europe pour le secteur de la viticulture, selon Agreste conjoncture de novembre 2005. Dans l’Europe des 25, la situation est assez similaire à celle de la France. La baisse de production en 2005 par rapport à 2004, a été compensée par la hauteur des stocks et n’a pas permis d’alléger les marchés. Les prix sont en baisse pour tous les vins tranquilles et les ventes se font au ralenti.

En 2005, la récolte (53 Mhl) a enregistré une baisse surtout en raison d’une production en retrait des AOC (-8% et -5% par rapport à la moyenne quinquennale), à 23 Mhl. Une baisse des rendements avait été décidée par l’INAO pour faire face « aux difficultés d’écoulement », rappelle Agreste.

La production de vin de pays subissait une baisse de même ampleur (-8% par rapport à 2004 mais -3% par rapport à la moeynne quiquennale). Les rendements étaient maintenus mais l’Anivit faisait mettre en place pour la première fois une réserve « afin de maîtriser les volumes commercialisés ».

Les volumes produits dans la catégorie « autres vins, jus et moûts », qui comprend les vins de table courants, étaient également en recul à 6 Mhl contre 8 Mhl en 2004. Pour ce qui est des vins aptes à la production de cognac, ils étaient en baisse de 5%, mais en hausse de 11% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

« Les disponibilités offertes en 2005, hors importations et hors stock du négoce devraient être sensiblement les mêmes qu’en 2004, aussi bien pour les vins d’appellation que pour les autres vins (respectivement 51 et 40 Mhl) », selon Agreste : « Les stocks à la propriété estimés au 31 juillet à 28 Mhl pour les VQPRD et 10 millions d’hl pour les autres vins viennent compenser le repli de la récolte 2005 », poursuivent les services du ministère.

Vins de table et de pays : des cours au plus bas depuis 8 ans

Selon la direction des douanes, en France, la consommation taxée aurait augmenté de 1% après avoir reculé pendant 3 campagnes successives de 2,4% par an en moyenne. Toutefois, cette hausse ne concernait que les vins d’appellation (+8% contre +0,9% en 2003/2004) et pourrait être due à des mises en bouteilles plus importantes afin de libérer les cuves et non pas à une hausse de la demande, selon certains acteurs viticoles.

Les ventes de vin ont été actives cet été, notamment celles de vin de table et de pays en vrac, « en raison d’un destockage nécessaire au logement de la nouvelle récolte », selon Agreste.

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« La pression à la baisse des cours des vins de table et de pays s’est de ce fait amplifiée jusqu’à la fin du troisième mois de campagne » et les cours « se situaient sous la barre des 3 euros le degré/hl au début de la campagne 2005/2006, soit le niveau de prix le plus bas depuis 8 ans », précise le bilan.

Pour les vins de pays rouges, les cours s’effritent également avec l’accélération des ventes, affichant un prix moyen de 3,56 euros le degré/hl la première semaine d’octobre.

Les prix des vins blancs ont mieux résisté, comme d’habitude.

« Globalement, sur le marché des vins d’appellation, les prix à la production sont en retrait en septembre de 13 points par rapport à leur niveau de l’an passé. La baisse est toujours principalement imputable à la moins bonne tenue des bordeaux rouges et des côtes du rhône », poursuit Agreste.

Les cours des autres vins sont entraînés dans la même descente, avec des écarts variables : bourgognes rouges et blancs, appellations du Languedoc-Roussillon, vins d’Alsace. Les appellations d’Anjou et de Saumur « tirent un peu mieux leur épingle du jeu ».